Attali prévient : « le système va exploser, car il y a trop de concentration des richesses »

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Jacques Attali, économiste français, a accordé une interview exclusive au journal L’Echo ce 8 mars. Dans l’interview, l’économiste s’est prononcé sur plusieurs sujets, notamment sur la situation économique mondiale qui inquiète de plus en plus. L’économiste prédit un avenir sombre pour l’Europe

Parlant de l’inégalité sociale qui gagne du terrain dans le monde, Jacques Attali estime qu’il faut réagir urgemment. « Il y a une extrême urgence. Nous sommes devant une urgence sociale car il y a une obscène accentuation de la concentration des richesses entre quelques mains, que j’avais prévu il y a 15 ou 20 ans, en raison de la globalisation des marchés sans globalisation de la règle de droit », alerte-t-il.

« La globalisation des marchés crée des injustices et des inégalités »

Et d’ajouter : « la globalisation des marchés créé des injustices et des inégalités qui ne sont pas compensées par un système global de redistribution des richesses. Le système va exploser, car il y a trop de concentration des richesses, et de plus en plus de pauvres. Si on n’agit pas, les nations vont se fermer et le protectionnisme nous conduira à la catastrophe. Il y a aussi une urgence écologique, avec les changements climatiques qu’il faut endiguer.»

Dans l’interview, Jacques Attali prévient des risques de « détour totalitaire ». « (…) Il y a un grand risque de détour totalitaire. Si rien n’est réglé, si on attend trop, il y aura une crispation totalitaire. Ce pourquoi nous nous battons dans cette fondation (Fondation Positive Planet, ndlr), c’est de faire en sorte qu’on ne passe pas ce détour totalitaire », prévient-il.

« Il faut que reviennent les partis de gauche et de droite »

Jacques Attali s’est aussi prononcé sur les Européennes de ce mois de mai. Il juge « dangereux » une arrivée des populistes au pouvoir. « (…) Il faut à tout prix que revivent les partis de gauche et de droite car rien n’est pire qu’une confrontation simpliste entre populistes et modernistes », dit-il.

Et d’ajouter : « au début, les modernistes gagneront, pendant cinq ans, dix ans. Mais, si on installe les populistes comme la seule alternative, un jour ils dirigeront. Et ça, c’est trop dangereux ». L’économiste s’est également exprimé sur la lettre de Macon « Renaissance Européenne ».

« L’ascenseur social ne fonctionne plus »

« Un être humain ne naît véritablement que lorsqu’il prend conscience de sa solitude. C’est cela, la renaissance. La renaissance de l’Europe commencera par la prise de conscience  de sa solitude, qui l’amènera à défendre ses trésors, ses talents et sa place de puissance du monde », affirme-t-il précisant que les populistes ne sont pas contre l’Europe, mais contre « l’Islam en Europe ».

Parlant de la crise des Gilets Jaunes, Attali dénonce une « accumulation insupportable de la précarité ». « Les Gilets Jaunes ont révélé un problème du premier niveau de la classe moyenne. Il se pose surtout pour les générations futures, car l’ascenseur social ne fonctionne plus (…) », s’indigne-t-il.

Pour lire l’interview dans son intégralité, cliquez ici : L’Echo