Avec seulement 6% de vaccinés et pas de vague : le “Miracle Africain” impressionne les scientifiques du monde entier

Avec seulement 6% de vaccinés et aucune nouvelle vague annoncée, l’Afrique impressionne les scientifiques du monde entier qui n’arrivent toujours pas à percer le mystère derrière le “Miracle Africain”

“Le miracle africain”, serait-on tenté de dire. En pleine crise sanitaire et au moment où l’Occident (les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas…) fait face à une hausse exponentielle de cas de Covid, l’Afrique n’enregistre aucune nouvelle vague, et ce malgré son taux de vaccination extrêmement bas évalué à seulement 6%.

Un miracle face auquel les chercheurs restent bouche-bée. Aucune explication scientifique ne permet, jusqu’ici, de percer ce mystère. En tout cas, dans un reportage largement partagé sur les réseaux sociaux et mené par l’agence de presse américaine, The Associated Press, les scientifiques interrogés sur le nombre très bas de cas en Afrique n’en reviennent toujours pas.

“L’Afrique n’a ni les vaccins, ni les ressources dont disposent l’Europe et les Etats-Unis pour combattre le Covid-19, mais, en quelque sorte, elle s’en sort plutôt bien”, s’étonne Wafaa El-Sadr, chercheuse à l’université de Columbia (Etats-Unis). Malgré son taux de vaccination très faible, le continent africain est placé, par l’OMS, dans la liste des régions les moins affectées par la pandémie.

Néanmoins, les avis restent mitigés sur le “miracle africain”. En effet, à en croire The Associated Press, certains scientifiques expliquent le faible taux de contamination en Afrique par sa population jeune, par son taux très bas d’urbanisation mais aussi par le fait que, dans ce continent, les gens ont l’habitude de passer du temps en dehors de leurs maison. D’autres thèses se penchent plutôt sur les gênes.

En tout cas, d’après la chercheuse Jane Achan, le fait que la population africaine soit très exposée au paludisme pourrait expliquer sa forte immunité face aux maladies infectieuses. Pour Christian Happi, chercheur à l’université de Lagos au Nigeria, le secret du “miracle africain” réside probablement dans sa capacité à gérer ces genres de crise en se focalisant sur la communauté plutôt que sur les vaccins.

Pour Devi Sridhar, chef du département de santé publique à l’université d’Edinburg (Grande-Bretagne), le taux très bas constaté en Afrique peut aussi s”expliquer par le fait que ces nations, qui ont déjà eu à faire face au virus Ebola, à la polio et au paludisme, étaient plus aguerries que les autres.

Ce que l’on sait jusqu’ici est que l’Afrique ne comptabilise que 3% de nombre de décès au niveau mondial contre 46% pour les Etats-Unis et 29% pour l’Europe. Si l’Afrique du Sud reste le seul pays à enregistrer un fort taux de mortalité (avec plus de 89 000 décès), dans d’autres pays du continent, le chiffre reste très bas. Même au Nigeria, avec plus de 200 millions d’habitants, seuls 3 000 morts ont été comptabilisés.

Le “miracle africain” est bien réel. Reste à savoir s’il durera longtemps.