France : avec un coût salarial de 185 millions d’euros, le gouvernement Castex est le plus cher de la Vème République

Le gouvernement Castex est le plus cher de la Vème République, conclut une étude menée par le député René Dosière, spécialiste des questions budgétaires des différentes présidences françaises sous la Vème République

Une information qui risque de susciter une vive polémique en France ces prochains jours. En effet, au moment où l’économie française traverse l’une des pires crises de son Histoire, un chercheur pointe du doigt l’énorme coût salarial du gouvernement Castex, devenu le gouvernement le plus cher de la Vème République.

C’est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivé René Dosière, député de l’Aisne qui a consacré plusieurs études très approfondies sur le budget de l’Elysée sous la Vème République. Dans une étude (intégralement lu par Lecourrier-du-soir.com) faite sur le budget de 2021 consacré aux cabinets ministériels, le député ne mâche pas ses mots. Pour lui, le gouvernement Castex coûte très cher à la France.

« Le coût salarial du gouvernement Castex est le plus élevé de la Vème République, avec une dépense de 185 millions d’euros, en augmentation de 46,7% par rapport au gouvernement de Philippe de 2019 », souligne René Dosière qui ajoute une hausse du nombre de ministres par rapport au gouvernement précédent.

« Aux 34 ministres (dont 15 secrétaires d’Etat) de 2019, ont succédé 43 ministres (dont 13 secrétaires d’Etat) ce qui, dans l’histoire de la Vème République le met au troisième rang des gouvernements, derrière ceux de Rocard (49 ministres en 1988) et Cresson (45 en 1991) à égalité avec ceux de Mauroy2 (en 1981) et Raffarin3 (en 2004) », ajoute-t-il.

Le chercheur note aussi une hausse de collaborateurs que chaque ministre peut recruter. Ainsi, l’étude nous apprend que sous Edouard Philippe, chaque ministre pouvait en recruter 10 et chaque secrétaire d’Etat 5. Sous Jean Castex, chaque ministre peut recruter 15 collaborateurs et chaque secrétaire d’Etat peut avoir 8 collaborateurs à sa disposition.

Le député de l’Aisne n’a pas oublié de mentionner le niveau élevé de la rémunération moyenne d’un membre de cabinet. Sur ce, il dira : « en 2020, cette rémunération moyenne brute mensuelle s’élève à 8737 euros, pour un membre de cabinet ministériel, et à 10864 euros pour un membre du cabinet du Premier ministre ».

Dans l’étude, René Dosière souligne un détail de taille : les salaires colossaux des fonctionnaires (mis à la disposition d’un ministre) qui sont parfois plus élevés que celui des contractuels. Il conclut à ce sujet que « dans six ministères, la rémunération moyenne des fonctionnaires est supérieure à 10 000 euros ».

Le chercheur dresse un tableau des ministères concernés. « Santé : 10 707 euros, Armées : 10 562 euros, Enseignement supérieur : 10 460 euros, Economie et relance : 10 366 euros, Transition écologique : 10 307 euros, Cohésion des territoires : 10 296 euros, Justice : 10 236 euros, Commerce extérieur : 10 105 euros, Culture : 10 080 euros, Travail : 10 046 euros ».

Et d’ajouter : « ce niveau élevé de rémunération s’explique par le fait que les fonctionnaires concernés perçoivent avec leur traitement, une prime (indemnité de sujétion particulière) qui représente en général 1/3 de leur rémunération totale ». Concernant la rémunération au niveau des ministères, René Dosière note une hausse de 70% au ministère des Affaires étrangères en 2017.

Le député conclura son étude en livrant un avis qui risque de ne pas plaire au gouvernement. « Aux termes de cette analyse, ce qui surprend et choque légitimement c’est la taille de ce gouvernement en nombre de ministres et d’effectifs. Était-ce bien opportun et nécessaire ? En même temps, le niveau des rémunérations est resté à un niveau élevé, contrairement à la pratique de 2017 : moins de collaborateurs mieux payés. Aujourd’hui c’est plus de collaborateurs toujours bien payés ! On comprend pourquoi le gouvernement est devenu le plus cher de la Vème république, ce qui ne saurait constituer un motif de satisfaction« , conclut René Dosière.

Pour lire l’étude dans sa version originale, cliquez ici : René Dosière

 

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