Coup de théâtre : menacée par Poutine, l’Allemagne cède et accepte de payer son gaz russe en roubles

Le géant allemand de l’énergie, Uniper, a annoncé qu’il paiera son gaz russe en roubles 

“Tout ça pour ça!”, serions-nous tentés de dire. En tout cas, une chose est sûre : dans cette guerre en Ukraine, l’Allemagne, première puissance économique de la zone euro, risque d’y perdre toute sa crédibilité après être revenue sur deux décisions stratégiques en seulement moins de 30 jours.

La première date d’il y a moins d’un mois lorsque les autorités allemandes avaient décidé de ne pas envoyer des armes à l’Ukraine. Mais, face à la pression internationale, Berlin a finalement accepté d’armer Kiev. Et la deuxième concerne le gaz russe que l’Allemagne avait ouvertement refusé de payer en roubles. Là également, retournement de veste, car ne pouvant pas se passer du gaz russe, l’Allemagne annonce qu’il va payer en roubles, tel que voulu par Vladimir Poutine.

C’est du moins l’information que Lecourrier-du-soir.com a obtenue ce 29 avril de plusieurs sources fiables. Ainsi, à en croire le média américain Fox News, Uniper, le plus grand fournisseur d’énergie en Allemagne, a finalement accepté de payer l’achat de son gaz russe en roubles, monnaie russe.

Interrogé par la presse, l’entreprise publique allemande explique que, pour le moment, le pays ne peut pas se passer du gaz russe. “Pour notre entreprise et pour toute l’Allemagne, ce n’est pas possible de se passer du gaz russe à court terme. Ceci aurait des conséquences désastreuses sur notre économie”, s’est confié un porte-parole d’Uniper.

L’information a été confirmée par le média OGJ (Oil and Gas Journal), spécialisé dans l’énergie. En effet, d’après cette source, le géant russe versera le paiement en euros sur le compte en banque du géant russe Gazprom et celui-ci se chargera de le convertir en roubles.

Il faut dire que cette volte-face des autorités allemandes risque de coûter cher à Olaf Scholz, nouveau chancelier allemand dont le refus d’armer l’Ukraine lui avait valu de virulentes attaques de la part de ses détracteurs. En acceptant finalement de payer en roubles, l’Allemagne risque s’attirer la colère de l’UE qui encourage ses membres à boycotter le gaz russe afin de ne pas financer la guerre de Poutine.

Il convient de rappeler que l’Allemagne est l’un des pays d’Europe dont la dépendance au gaz russe est extrêmement forte. D’ailleurs, ces dernières heures, un rapport publié par le CREA (Center of Research for Energy and Clean Air) nous a appris que depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 mars, les Allemands ont importé du gaz russe pour un montant de 9,1 milliards d’euros. Et Berlin qui ne voudrait voir connaître une récession n’est pas prêt à tourner le dos à Moscou.