Fermeture du Parlement britannique : le coup d’Etat napoléonien du dictateur Boris Johnson

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Un fait inédit dans l’histoire moderne de la Grande-Bretagne. A peine élu premier ministre de la Grande-Bretagne, Boris Johnson, partisan d’une sortie de son pays de l’Union Européenne (UE), a pris une décision qui suscite une immense colère dans la classe politique britannique.

Boris Johnson a en effet demandé à la Reine d’Angleterre de suspendre le parlement de Westminster, ce qui voudrait dire que les députés ne pourront plus y siéger du 10 septembre au 14 octobre. Il a justifié cette décision antidémocratique par le fait qu’elle permettra que la Reine puisse tenir son discours annuel au parlement. Il ajoute aussi que ce sera l’occasion pour le gouvernement de dégager ses objectifs pour l’année à venir.

« Nous avons besoin de nouvelles lois, nous avons besoin de nouveaux projets de loi et c’est pour cela que nous allons accueillir le discours de la Reine et nous le ferons le 14 octobre », a-t-il expliqué. Pourquoi cette date est-elle si importante pour le gouvernement de Boris Johnson ? En effet, selon la BBC, parce que c’est une date très proche de la date limite du Brexit fixée le 31 octobre.

Quoi qu’il en soit, la décision de suspendre le Parlement entre déjà dans l’histoire. En effet, cette suspension de cinq mois est la plus longue en 40 ans. Elle est plus longue que la suspension du Parlement en 1979 qui n’avait pas dépassé trois semaines. Quels qu’en soient les motifs, la décision ne passe pas. Et les réactions sont légion.

Pour certains, c’est de la dictature. « Le dictateur est dévoilé. Cependant, le parlement doit faire une introspection et se demander comment cette farce a pu se produire », a réagi sur twitter Alun Cooper, directeur d’une école de commerce. « Sauvez notre démocratie, arrêtez le coup d’Etat », écrit Linden Mint, enseignante britannique.

Dans la foulée, une pétition a immédiatement été lancée contre la suspension du parlement. Intitulée « Ne suspendez pas le parlement », la pétition a déjà atteint 1 287 000 signatures. Dans la classe politique, les réactions ont été très nombreuses et la colère n’a plus de limite. L’opposition dénonce un abus de pouvoir et une tentative de mettre fin au débat sur le Brexit.

« Ce que le gouvernement est en train de faire est en quelque sorte cambrioler notre démocratie afin de nous imposer un Brexit sans accord pour sortir de l’Union Européenne (UE). Ce dont il a le plus peur est que le parlement puisse aborder ce sujet, raison pour laquelle il l’a suspendu », a déploré Jeremy Corbyn, chef de file du parti travailliste.

« On dirait une dictature de pacotille. Franchement, c’est inacceptable et si les députés n’y mettent pas fin, et bien, ce n’est alors pas une exagération, c’est n’est pas une hyperbole de dire : ‘c’est le jour où toute ressemblance de la démocratie parlementaire britannique est morte », a dénoncé Nicola Sturgeon, première ministre écossaise.

A peine arrivé au pouvoir, Boris Jonhson a déjà montré son vrai visage. Ce qu’il a osé faire, son prédécesseur, Theresa May, n’avait pas songé le faire une seule seconde. Cette suspension du parlement britannique pendant une période de cinq semaines nous rappelle le coup d’Etat du 18 Brumaire de 1799 perpétré par Napoléon Bonaparte.

Avec une petite différence. Dans le coup d’Etat napoléon, il s’agissait de faire tomber le régime en place, appelé à l’époque le Directoire qui avait dirigé la France de 1795 à 1799. Dans celui de Boris Johnson, il n’est pas question d’évincer le gouvernement mais d’imposer au peuple une décision sur une question sur laquelle il a le droit de se prononcer.

Contrairement à Napoléon qui avait transféré le parlement de Paris à Saint-Cloud pour éviter un soulèvement des Jacobins à Paris, Boris Johnson a pris l’énorme risque de fermer le parlement britannique en se cachant derrière l’approbation de cette décision par la Reine Elisabeh.

Contrairement à Napoléon qui avait pris le soin d’éviter de mettre Paris à feu et à sang, Johnson a stupidement provoqué un soulèvement populaire. En effet, ce mercredi, une immense foule en colère, brandissant le drapeau de la Grande-Bretagne et de l’Union Européenne, a arpenté les rues de la capitale britannique pour s’opposer à un coup d’Etat institutionnel.

Si Napoléon avait vu son coup d’Etat porter ses fruits, car ayant provoqué la mort du Directoire et la naissance du Consulat, Boris Johnson, lui, risque de finir dans les poubelles de l’histoire. D’ailleurs, une motion de censure est déjà brandie par l’opposition pour se débarrasser de lui et mettre fin, dans les plus brefs délais, à une dictature molle.