France : à un an de la présidentielle, Macron crée une police de l’information et la Démocratie est en danger

Agence de lutte contre les Fakes News ou naissance d’une police de l’information pour traquer et éventuellement punir celles et ceux qui refuseraient de se soumettre à la version officielle? Telle est la question que nous nous posons tout en espérant que l’Etat nous fournisse des réponses très prochainement.

En effet, Emmanuel Macron a décidé de créer une agence nationale de lutte contre les manipulations de l’information. L’information a été confirmée par plusieurs médias, dont Le Parisien qui explique que ladite agence sera mise en place dès le mois de septembre prochain pour lutter contre toute tentative d’ingérence en provenance de l’étranger, notamment de la Russie à une année d’une élection présidentielle cruciale pour Emmanuel Macron.

Mais, il y a déjà de quoi s’inquiéter. Car, d’après la même source, cette agence ne sera pas rattachée au ministère de l’information, mais plutôt au Secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale (SGDSN) dirigée par Stéphane Bouillon. L’idée est très intéressante. Cependant, tout porte à croire qu’on est en face d’une véritable police de l’information qui pourrait demain imposer la version officielle.

En tout cas, face à la presse, Stéphane Bouillon se veut rassurant. “il ne s’agit pas de corriger ou rétablir la vérité, mais d’arriver à détecter les attaques quand elles viennent de l’étranger, pouvoir les caractériser et d’une certaine manière les attribuer pour pouvoir permettre aux hommes politiques, aux diplomates, à la justice et la presse de constater que sur 400 000 tweets de reprise de telle ou telle information, 200 000 viennent d’une forme à bots (des comptes automatisés, ndlr) dans une région hors de notre pays ou que tel débat provient d’une ferme à trolls”, explique-t-il.

Et d’ajouter : “Il ne s’agit pas de faire du renseignement, ce qui nous intéresse c’est ce qui est en train de devenir pandémique sur le plan informationnel. Notre objectif est de détecter le plus rapidement possible quelque chose qui est en train de monter et de pouvoir signaler l’incendiaire. Une fois que la forêt a brûlé c’est triste mais c’est trop tard”.

Il faut dire que l’idée en soi est très pertinente et mérite d’être saluée. Car, en effet, nul ne peut nier que depuis un certain temps d’énormes Fake News et d’abjects contenus haineux pullulent sur les réseaux sociaux où elles sont très largement partagées par des lecteurs qui se soucient très peu de leur fiabilité. Et depuis l’avènement de la pandémie à Coronavirus, le phénomène s’est accru, notamment sur la question liée à l’origine du Covid-19.

Dans de pareilles circonstances et à une année d’une élection présidentielle qui tient en haleine non seulement toute la France, mais aussi toute l’Europe, les autorités ont l’obligation d’y faire face à défaut de pouvoir y mettre fin définitivement. Les Fake News sont nocives dans une Démocratie et quiconque les propage doit être puni avec la dernière énergie.

Cependant, le gros risque avec la naissance de cette agence de lutte contre les Fausses Informations est qu’elle ne serve à déclencher une guerre latente contre toutes les versions qui contrediraient celles fournies par les organes de l’Etat. Dans une Démocratie, les citoyens doivent avoir le privilège de remettre en cause les versions officielles. Si ce privilège leur est arraché, alors nous basculons tout droit vers une dictature de la pensée unique qui est plus toxique que les Fake News.

Ce constat est d’autant plus pertinent que depuis le début de la pandémie, la censure médiatique s’est accrue de manière spectaculaire. De grands journalistes ainsi que de grands groupes de presse ont été recadrés pour avoir tout simplement défendu une version contraire à celle de l’Etat. D’ailleurs, la suppression de la chaîne YouTube de France Soir qui comptait 300 000 abonnés est la preuve que la Démocratie et la liberté d’expression sont sérieusement en danger.

L’agence va être mise en place dès septembre. Et nous, journalistes crédibles qui avons choisi de faire ce métier non pas pour nous remplir les poches mais pour éveiller les consciences, l’attendons de pied ferme. Si son projet est de lutter contre les Fake News d’où qu’elles viennent, nous serons un fidèle allié dans cette lutte. Par contre, si l’objectif est de nous détruire pour mieux contrôler l’opinion, nous ne nous laisseront pas faire.