France : le procureur qui veut être déchargé de ses fonctions était en guerre contre Dupond-Moretti depuis 2018

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Jean-Luc Lennon, procureur de la Basse-Terre qui a récemment demandé qu’on le décharge de ses fonctions, était en guerre contre Eric Dupond-Moretti qu’il a affronté dans un dossier très chaud en 2018 à Lons-le-Saunier (Jura)

On en sait désormais un peu plus sur la décision de Jean-Luc Lennon, procureur de la République de Basse-Terre (en Guadeloupe) de demander à ce qu’on le décharge de ses fonctions. Le procureur avait annoncé cette décision il y a deux jours dans un mail transmis à France Info.

Dans son message, on pouvait lire : “la personne de l’actuel garde des Sceaux et les propos qu’il a pu tenir par le passé lorsqu’il était avocat ne sont pas de nature à me rassurer sur les possibilités de travailler sereinement sous son autorité”. Pour Jean-Luc Lennon, les conditions ne sont plus réunies pour poursuivre loyalement sa mission.

Dans la presse, on a appris les vraies raisons qui se cachaient derrière cette décision qui a été largement relayée par la presse française. En effet, selon le JDD, Jean-Luc Lennon et Eric Dupond-Moretti, actuel ministre la Justice, s’étaient affrontés devant la Cour d’Assises de Lons-le-Saunier fin 2018.

“Une nomination qui divise”

A l’origine de leur affrontement, le procès d’Ali Kaabouche, âgé de 32 ans et client d’Eric Dupond-Moretti. Ali Kaabouche, selon le JDD, était accusé du meurtre de Jean-Pierre Merlot, un brocanteur de 63 ans. Dupond-Moretti avait plaidé l’acquittement de son client “au bénéfice du doute”. Mais, son client sera finalement condamné à 20 ans de réclusion criminelle par l’avocat général qui se trouve être Jean-Luc Lennon.

Cet affrontement a-t-il poussé l’actuel procureur de Basse-Terre à demander qu’on le décharge de ses fonctions? Rien ne le confirme mais une chose est tout de même sûre : la nomination d’Eric Dupond-Moretti divise profondément. Les magistrats ont fait part de leur colère à la suite de l’annonce de sa nomination et exigent la suppression des remontées d’information vers le ministère de la Justice.