La Russie crache le morceau : “après l’Ukraine, l’Occident devrait arrêter de promouvoir un monde unipolaire”

Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a fait savoir lors d’un point de presse tenu à Oman que l’Occident devrait, à la fin de cette opération militaire en Ukraine, abandonner sa volonté de maintenir intact un monde unipolaire dominé par les Etats-Unis et leurs alliés

La Russie ne cesse plus de tancer l’Occident. Après avoir été visé par des sanctions particulièrement sévères, Moscou entend mettre en place son nouvel ordre mondial qui remettra en cause l’unipolarité du monde tel que voulu par les Etats-Unis et leurs allies. C’est du moins l’avis de Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères.

En effet, lors d’un point de presse relayé par l’agence de presse russe Tass, le chef de la diplomatie russe n’a pas mâché ses mots. “Nous espérons qu’après la fin de notre opération militaire spéciale, ceci permettrait de mettre fin aux tentatives de l’Occident de violer le droit international et les Chartes des Nations-Unies, y compris le principe de souveraineté des Nations. Ceci incitera l’Occident à cesser de promouvoir le soi-disant monde unipolaire dominé par les Etats-Unis et leurs alliés”.

Il convient de rappeler que ce n’est pas la première mise en garde de Moscou à l’Occident. Début mai dernier, le ministre russe des Affaires étrangères avait fait savoir que l’intervention militaire de son pays en Ukraine avait pour but de mettre fin à l’oppression occidentale.

“Il est évident que les tentatives collectives de l’Occident de bloquer le cours naturel de l’histoire, de résoudre les problèmes aux dépens des autres sont vouées à l’échec. Le monde d’aujourd’hui est constitué de différents pôles de décision. Il est multipolaire”, disait Lavrov.

Et d’ajouter : “nous voyons le dynamisme avec lequel se développent les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine. Chacun a une liberté de choix, y compris des moyens de développement et de participation aux projets d’intégration. Notre opération militaire spéciale en Ukraine participe aussi de ce processus de libération du monde de l’oppression néocoloniale occidentale, mélangée de racisme et de complexe d’exceptionnalité”.

Pour rappel, la Russie est sous le feu des projectiles depuis le 24 février dernier, date à laquelle Vladimir Poutine, président russe, avait ordonné une intervention militaire dans une partie de l’Ukraine (le Donbass) pour, selon ses propos, “démilitariser et dénazifier l’Ukraine”.

Justifiant son action, l’homme fort du Kremlin dénonce les nombreuses exactions contre des populations russophones présentes dans cette partie de l’Ukraine. “Les gens ont commencé à empoisonner les chiens et leur tirer dessus. Maintenant, écoutez-moi bien: ‘les habitants du Donbass ne sont pas des chiens errants et pourtant, 13 000 à 14 000 d’entre eux y ont été tués ces dernières années. Plus de 500 enfants y ont été tués ou réduits en état d’infirmité”, déplorait-il en mars dernier.

Depuis, les Occidentaux ont brutalement réagi annonçant, dans la foulée, une vague de sanctions économiques, politiques, culturelles, diplomatiques et mêmes sportives à la suite de l’expulsion de la Russie de la participation à la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Sur le plan économique, Moscou risque de traverser une crise sans précédent, car les Etats-Unis et l’Union Européenne ont annoncé leur ferme intention de ne plus lui acheter de gaz, l’une des plus importantes ressources dont dispose ce pays pour faire marcher son économie.