Le lithium, cette ressource naturelle qui rend fous les Occidentaux, a provoqué la chute d’Evo Morales

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La chute d’Evo Morales n’a pas été seulement politique. Le coup d’Etat qui a été l’origine de sa chute a aussi des explications géostratégiques. Evo Morales a eu le malheur d’avoir été le président indien d’une Bolivie extrêmement riche en ressources naturelles et détenant entre 50% et 70% des réserves mondiales du très précieux lithium, aussi appelé l’ « or blanc », une matière première d’une importance primordiale pour la fabrication de batteries de téléphone, de voitures électroniques…Le tort de Morales a été sa volonté de réserver ses ressources naturelles pour son peuple au détriment des richissimes multinationales occidentales qui en raffolent  

Derrière la chute d’Evo Morales, il y a une réalité que les Etats-Unis et les Occidentaux, principaux soutiens aux putschistes, ne veulent surtout pas évoquer : le lithium, un métal extrêmement important pour la fabrication de batteries de téléphones portables et de voitures électriques. Une semaine après la fuite d’Evo Morales contraint de s’exiler au Mexique par les forces de Luis Fernando Camacho, actuel homme fort du pays, le président bolivien continue de livrer des secrets.

En effet, après avoir révélé comment les Etats-Unis ont voulu le piéger pour l’emmener à Guantanamo, il a fait savoir dans une interview accordée au média mexicain, La Jornada, que le lithium, ce précieux métal qui suscite la convoitise des puissances occidentales, a été à l’origine de sa chute.

Dans l’interview, l’ex président bolivien a fait savoir que peu avant les élections présidentielles en Bolivie, Ivanka Trump s’était rendue dans la localité de Purmamarca, au nord est de l’Argentine, zone frontalière avec la Bolivie, une zone baptisée le triangle du lithium et qui regorge 75% de l’or blanc du monde.

L’ex président bolivien a reconnu dans cette interview que l’or blanc a, ces dernières années, suscité une véritable guerre entre les puissances occidentales en Bolivie. Des puissances occidentales qui ne veulent surtout pas entendre parler du projet de nationalisation du lithium par Evo Morales.

L’entreprise la plus affectée par cette nationalisation a été l’entreprise allemande, ACI Systems (ACISA) spécialisée dans le développement de l’énergie durable. ACISA qui était en concurrence avec des entreprises russes, canadiennes et chinoises, avait été choisie par la Bolivie il y a un an pour exploiter le lithium.

Les termes de l’accord avaient été révélés dans la presse. 51% de l’exploitation devait revenir à la Bolivie contre 49% pour l’entreprise allemande, d’après ElDeber.com, média bolivien. Toujours selon la même source, l’Allemagne devait investir 1 328 000 000 de dollars pour la construction de quatre usines qui permettraient l’élaboration de différents sous-produits ainsi que la fabrication de batteries. L’industrialisation de l’or blanc devait débuter en 2022.

Jusqu’ici tout allait bien. L’accord trouvé entre la Bolivie et l’entreprise allemande avait suscité l’enthousiasme des Allemands. « Ceci est un accord unique et historique entre la Bolivie et l’Allemagne et aussi du point de vue allemand envers les pays en voie de développement », se réjouissait l’expert German Muruchi.

Si les Allemands se félicitent de l’accord, ce n’est pas le cas des habitants de la localité de Potosi (où se trouvent les gisements de lithium) qui, pendant plusieurs jours, avaient manifesté demandant plus de retombées financières dans l’exploitation de l’or blanc, leur seule source de revenus. Les habitants exigeaient du gouvernement qu’il leur reverse 3% des bénéfices tel que prévu par la loi.

Face à la pression, Evo Morales finit par céder. Le 03 novembre, le contrat est résilié. Et comme par hasard, une semaine plus tard, le coup d’Etat intervient. Déchu, Morales quitte le pouvoir et s’exile au Mexique pour échapper à la mort mais surtout pour éviter que le pays ne bascule dans une guerre civile.

Une semaine après les faits, l’ex président bolivien est sûr et certain que le lithium a joué un rôle clé dans le coup d’Etat. « Je suis sûr qu’il (le lithium) a joué un rôle important (dans le coup d’Etat, ndlr). Nous avions prévu d’inaugurer plusieurs usines pour définir le prix du lithium pour le monde entier. Et maintenant, je me suis rendu compte que certains pays industrialisés ne veulent pas de concurrence », a-t-il révélé dans une interview accordée à Rafael Correa, ex président d’Equateur.

Avec la chute de Morales, les Allemands espèrent prendre langue avec les nouveaux dirigeants boliviens pour mettre en marche un projet ambitieux qui, en tout cas, rapporterait à l’Allemagne des milliards de dollars tous les ans. « Nous sommes convaincus que notre projet de lithium continuera après une phase de pacification et de clarification politique », affirme l’ACISA.