Mali : en colère, Macron envoie son ministre des Armées à Bamako pour déchirer le contrat avec la Russie

La ministre française des armées, Florence Parly, est arrivée au Mali ce 20 septembre. Elle doit rencontrer la junte militaire pour faire capoter le contrat qui devrait faire venir des soldats russes dans ce pays

Paris ne veut rien lâcher. En pleine crise diplomatique avec les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, la France ne veut surtout pas perdre la main au Mali, pays stratégique et dans lequel elle a déployé ses troupes depuis 2012 dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Ainsi, depuis la révélation d’un contrat entre la junte militaire malienne et la Russie pour le déploiement de soldats russes par l’intermédiaire du groupe Wagner, la tension est montée d’un cran entre les deux pays. La France menace de s’en aller si les Russes foulent le sol malien et le Mali, par la voix de son Premier ministre, affirme être libre et souverain pour signer des accords avec qui il veut.

C’est dans ce contexte très houleux qu’intervient la visite ce lundi 20 septembre de Florence Parly au Mali. En effet, plusieurs médias français ont annoncé ce lundi que la ministre française des armées est à Bamako où elle rencontrera les autorités maliennes au pouvoir. L’information a été confirmée par Le Monde.

D’après cette source, Florence Parly s’entretiendra avec son homologue malien, Sadio Camara. Mais, la France a déjà lancé un message très clair au gouvernement malien, dominé par des militaires : “on ne va pas cohabiter avec des mercenaires”, a prévenu la ministre des armées.

“6 milliards de CFA par mois”

Il convient de rappeler qu’il y a moins d’une semaine, l’agence de presse Reuters avait révélé l’existence d’un contrat signé entre la junte militaire malienne au pouvoir et le groupe Wagner, appartenant à la Russie. L’objectif, d’après l’agence de presse, était, pour le Mali, de recruter quelque 1 000 soldats russes pour un montant mensuel estimé à environ 6 milliards de FCFA, soit 10,8 millions de dollars.

Depuis la révélation de ce deal, Paris ne décolère pas. Ce 16 septembre, lors d’une interview accordée à France Info, Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires, a clairement fait savoir que si les mercenaires russes venaient à fouler le sol malien, l’armée française allait quitter le Mali.

Des menaces qui n’ont pas manqué de provoquer le courroux des autorités maliennes. En tout cas, ces dernières heures, en conférence de presse, Chogel Maïga, Premier ministre malien, a tenu à lancer un message très fort à l’Elysée. Pour lui, le Mali est un Etat souverain qui a le droit de signer des accords avec n’importe quel partenaire, n’en déplaise à certaines puissances étrangères.