Peine de mort : l’Arabie Saoudite a tué 184 personnes en 2019, un record en une année

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L’Arabie Saoudite a exécuté 184 personnes en 2019, d’après un rapport d’Amnesty International

L’Arabie Saoudite est une nouvelle fois pointée du doigt pour non-respect des droits de l’homme. C’est en tout cas ce qui ressort d’un rapport dressé par l’ONG Amnesty International et publié ce 21 avril dans lequel on apprend que le royaume saoudien a exécuté un nombre record de personnes en 2019.

Dans le rapport, Amnesty International parle de l’exécution de 184 personnes. « Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l’année dernière, soit le plus grand nombre d’exécutions recensées par Amnesty International en un an dans un pays », indique l’ONG.

« La minorité chiite est prise pour cible »

L’identité des personnes exécutées n’a pas été dévoilée par l’ONG. Cependant, le rapport parle de 6 femmes et 178 hommes. Amnesty International déplore que l’exécution sommaire soit utilisée par le régime saoudien comme « arme politique contre les dissidents de la minorité musulmane chiite ». Ainsi, Amnesty évoque l’assassinat de 37 hommes dont 32 chiites survenu le 23 avril 2019 pour « terrorisme ».

La situation embarrasse l’ONG qui tire la sonnette d’alarme. « La peine de mort est un châtiment atroce et inhumain et aucun élément crédible ne tend à prouver qu’elle ait un effet plus dissuasif sur la criminalité que des peines de prison. Une vaste majorité des pays le reconnaissent et il est encourageant de constater que le nombre d’exécutions dans le monde continue de diminuer », a déclaré Clare Algar, directrice générale de la recherche, du plaidoyer et des politiques à Amnesty International.

« Arme politique contre la dissidence »

La directrice de l’ONG regrette « le recours croissant de l’Arabie Saoudite »  à cette pratique. « Le recours croissant de l’Arabie Saoudite à la peine de mort, notamment comme arme contre la dissidence politique, est une évolution très inquiétante », déplore Clare Algar.

Il convient de rappeler que ce rapport a été publié un an après l’assassinat abject de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien tué au niveau du consulat saoudien d’Arabie Saoudite à Istanbul en Turquie. Khashoggi était connu pour ses critiques acerbes envers le royaume saoudien.