Présidentielle française et ingérence dangereuse : trois chefs d’Etat étrangers appellent à voter Macron

Soutien neutre ou ingérence étrangère flagrante? Allez savoir. En tout cas, à quelques jours du second tour de la présidentielle française, les soutiens internationaux en faveur d’une réélection d’Emmanuel Macron à un second mandat fusent de partout et viennent souvent de très grands responsables politiques européens.

En effet, quelques heures seulement après la sortie de l’opposant russe, Alexei Navalny, appelant à voter Macron, ce sont trois dirigeants européens (Olaf Scholz, Pedro Sanchez et Antonio Costa)  qui brisent le silence et assument ostensiblement le choix porté sur le plus jeune président de la Vème République dans une tribune publiée dans Le Monde et intégralement lue par notre média.

Lecourrier-du-soir.com vous invite à la ladite tribune dans sa version originale et intégrale

Excellente lecture!

“L’Europe fait face à un changement d’époque. Dans une tentative de réécrire l’histoire, Vladimir Poutine a lancé une attaque brutale contre l’Ukraine et son peuple. Les images de Marioupol, Boutcha ou Kramatorsk nous rappellent les périodes les plus sombres de l’Europe. Mais l’agression de Vladimir Poutine va encore plus loin. Il a enfreint la règle la plus fondamentale de notre ordre de paix européen : ne pas redessiner les frontières par la force, comme nous l’avons fait tant de fois au cours de notre passé sanglant. Sa guerre vise les valeurs que la France et nos pays défendent : la démocratie, la souveraineté, la liberté et l’Etat de droit.

Néanmoins, les populistes et l’extrême droite dans tous nos pays ont fait de Vladimir Poutine un modèle idéologique et politique, se faisant l’écho de ses revendications nationalistes. Ils ont copié ses attaques contre les minorités et la diversité. Ils partagent son rêve d’une nation uniforme. Nous ne devons pas l’oublier, même si ces politiciens tentent aujourd’hui de prendre leurs distances avec l’agresseur russe.

A la lumière de ces éléments, le second tour de l’élection présidentielle française n’est pas, pour nous, une élection comme les autres. Le choix auquel le peuple français est confronté est crucial pour la France et pour chacun d’entre nous en Europe. C’est le choix entre un candidat démocrate, qui croit que la France est plus forte dans une Union européenne (UE) puissante et autonome, et une candidate d’extrême droite, qui se range ouvertement du côté de ceux qui attaquent notre liberté et notre démocratie – des valeurs fondamentales qui nous viennent directement des Lumières françaises.

Le leadership européen de la France

La France est au cœur du projet européen. Elle a été la force motrice de la réconciliation européenne après les deux guerres mondiales désastreuses au XXe siècle. Et dans les crises de ces dernières années, elle a fait preuve de leadership en œuvrant pour une plus grande solidarité. Elle a ainsi prouvé qu’une Europe forte et unie ne limite en rien la souveraineté nationale mais au contraire elle est le seul moyen de garantir que nos pays puissent prospérer et rivaliser avec des puissances autoritaires comme la Russie.

C’est avec la France que nous nous sommes mobilisés pour une plus grande solidarité européenne, lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé notre continent. L’UE a alors mis en place le plus grand plan de relance de son histoire. Les systèmes de protection sociale ont ainsi été protégés. Aujourd’hui, le taux de chômage dans la zone euro est le plus bas jamais enregistré – malgré la pandémie. Au lieu de répéter les erreurs du passé et de réduire les dépenses en pleine crise, nous investissons des milliards dans les nouvelles technologies, la justice sociale, une défense européenne plus forte, un avenir plus durable et neutre en carbone, pour nous tous.

Certains prétendent que l’on peut arriver à cela tout seul, hors de l’UE. « Reprendre le contrôle », telle était la promesse des Brexiteurs. Au lieu de cela, ils ont perturbé les chaînes de transport et d’approvisionnement du Royaume-Uni, provoqué un effondrement de son commerce extérieur et connu des taux d’inflation généralement plus élevés que dans la zone euro. Ceux qui étaient censés être les premiers bénéficiaires d’une sortie de l’UE – les travailleurs, les jeunes et les plus vulnérables – sont ceux qui en ont finalement souffert le plus.

En réalité, ce n’est qu’ensemble que nous avons le pouvoir de maintenir notre prospérité et notre modèle social. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons redéfinir la mondialisation et lui donner un visage plus humain. Et ce n’est qu’ensemble que nous pourrons défendre la paix et l’ordre international qui sont aujourd’hui attaqués.

C’est pourquoi nous avons besoin de la France à nos côtés. Une France qui a été, à maintes reprises, un phare de démocratie et de fraternité pour l’Europe et le monde. Une France qui a accueilli les exilés fuyant les dictatures de Franco et de Salazar. Une France qui défend la justice et s’oppose aux autocrates comme Vladimir Poutine. Une France qui défend nos valeurs communes, dans une Europe dans laquelle nous nous reconnaissons, qui est libre et ouverte sur le monde, souveraine, forte et généreuse à la fois.

C’est cette France-là qui est aussi sur le bulletin de vote du 24 avril. Nous espérons que les citoyens de la République française la choisiront.”