Remaniement : la nomination de Dupont-Moretti, Bachelot et Darmanin est une erreur, le parti LR doit être dissout

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Le remaniement ministériel tant attendu a finalement eu lieu ce lundi 6 juillet avec son lot de surprises. Celles et ceux qui doutaient encore de l’imprévisibilité d’Emmanuel Macron en ont en désormais la confirmation. Le plus jeune président de la Vème République a montré son vrai visage : qu’il est un homme de droite et que Jean Castex, son premier ministre, contrairement à Edouard Philippe, ne dirige rien.

En effet, ce lundi, à l’annonce des 31 ministres qui devront désormais former la nouvelle équipe gouvernementale, beaucoup ont fait part de leur étonnement. Pour certains, c’est l’intégration de nouveaux ministres qui posent problème. Pour d’autres, c’est la promotion de l’ex ministre des Comptes Publics qui ne passe pas.

Dans cette polémique autour de la nomination des 31 ministres, trois noms ont largement circulé sur les réseaux et ont provoqué une vive polémique dans la classe politique française. Il s’agit de Roselyne Bachelot, d’Eric Dupont-Moretti et de Gérald Darmanin. Pour quoi ces trois personnalités suscitent-elles autant de controverses? Lecourrier-du-soir.com tente de fournir une réponse à cette question.

Roselyne Bachelot a été nommée ministre de la Culture, remplaçant ainsi Franck Riester nommé ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité. Il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences de Bachelot, mais plutôt de se poser la question de savoir ce qu’elle pourrait apporter à un tel ministère.

Il convient de rappeler que Roselyne Bachelot a fait des études de médecine et a d’ailleurs été nommée ministre de la Santé par Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. Dans ce domaine, elle est probablement l’une des meilleures en France, mais en aucun cas, sa carrière n’a été liée à la culture. Et en plus, sa présence au sein du nouveau gouvernement n’a aucune pertinence d’autant plus que peu avant sa nomination elle avait écarté toute hypothèse d’un retour dans la vie politique. “C’est totalement inconcevable”, disait-elle.

Quid de Gérald Darmanin? Jeune et très dynamique, Darminin a été promu par Emmanuel Macron. De ministre des Comptes Publics, il devient ministre de l’Intérieur, remplaçant ainsi Christophe Castaner qui a été très fragilisé par la crise des Gilets Jaunes mais aussi la crise qui k’a récemment opposé aux forces de l’ordre sur la question des violences policières en France.

Quoi qu’il en soit, le choix de Darmanin pour diriger le ministère de l’Intérieur pose un sérieux problème éthique d’autant plus qu’il visé par une enquête pour viol. Là également, il ne s’agit point de mettre en cause les compétences d’un jeune ministre qui a déjà fait ses preuves. Mais, cela ne devrait pas étonner que cette nomination soit perçue comme une insulte par l’accusation.

Dupont-Moretti, Garde des Sceaux! C’est la nomination qui a suscité la plus grosse polémique ces dernières heures en France. En effet, la nomination de l’avocat le plus controversé de France qui a ouvertement pris la défense de repris de justice notoires, tels que Mohamed Merah ou encore Patrick Balkany n’a pas manqué de susciter le courroux de l’Union Syndicale des Magistrats (USM) qui a, ce mardi, dénoncé le mépris de l’actuel Garde des Sceaux à l’égard des magistrats. Ces trois nominations sont une erreur et auraient dû être évitées par Emmanuel Macron et Jean Castex pour sauver ce qui reste du quinquennat.

Le dernier point à ajouter est que le parti Les Républicains n’a plus sa raison d’être à l’issue de ce remaniement ministériel. En effet, depuis son élection à la tête de la France, Emmanuel Macron ne s’est pas trompé de politique. Il mène un virage libéral extrêmement dur et au moment de réformer la France, il n’hésite pas à s’entourer d’éminentes personnalités de droite, juppéistes, sarkozystes ou fillonistes.

Ainsi, après le choix d’Edouard Philippe, issue des rangs des Républicains, le président de la République a confié le nouveau gouvernement à Jean Castex, lui-aussi issue des Républicains et très proche de Nicolas Sarkozy, malgré la percée spectaculaire des Verts lors des municipales.

Il convient d’ajouter que malgré les accusations de viol qui pèsent sur lui, Gérald Darmanin, issue du parti Les Républicains, a pourtant été promu ministre de l’Intérieur et l’entrée dans le gouvernement de Roselyne Bachelot, filloniste invétérée, sont autant de preuves que c’est bien Les Républicains qui sont au pouvoir.

Toute l’opposition politique peut désormais se plaindre de la gestion du pouvoir par Macron et son gouvernement sauf Les Républicains. Ce parti, devenu l’annexe du Macronisme, ne se trouve plus dans l’opposition. Il est totalement au pouvoir et devrait ainsi assumer la réussite et les déboires du gouvernement en place. Sa dissolution aurait été une excellente solution.