Scandale Covid : Pfizer a demandé au Brésil et à l’Argentine leurs bases militaires comme garantie pour son vaccin

Un autre scandale complètement passé sous silence en pleine pandémie.

Pfizer, encore, dans ses œuvres.

Le 02 juillet dernier, dans un article publié sur son site d’information, Lecourrier-du-soir.com faisait une révélation de taille sur Pfizer qui, en pleine négociation avec des Etats sur l’achat de ses doses de vaccins, avait imposé que ces derniers (les Etats) le poursuivent dans des tribunaux dont les juges et le verdict sont tenus secrets.

La révélation avait déclenché un vif tollé sur les réseaux sociaux. Mais, apparemment, l’attitude du géant pharmaceutique a été plus nocive qu’on ne le pense. Le laboratoire est allé beaucoup plus loin dans ses négociations avec des Etats sudaméricains, tel que l’a révélé The Bureau Of Investigative Journalist dans un article paru le 10 mars 2021 et très peu relayé par la presse francophone.

En effet, dans l’article lu par Lecourrier-du-soir.com, on y apprend que le laboratoire américain a procédé à un odieux chantage pour forcer les Etats à ne pas le poursuivre en justice en cas de litige sur ses vaccins. C’est du moins ce qu’il a imposé à la République Dominicaine.

Mais, The Bureau Of Investigative Journalist va plus loin et révèle les pratiques scandaleuses auxquelles s’est adonné le géant pharmaceutique américain qui ne s’est pas gêné d’exiger des Etats sud-américains qu’ils paient de leur propre poche toutes les condamnations pour fraude, les effets secondaires de son vaccin ainsi que les actes de négligence commis par Pfizer.

Dans le cas du Brésil et de l’Argentine, les journalistes d’investigation font une révélation explosive. A ces deux pays, Pfizer leur a ouvertement demandé de mettre leurs fonds souverains (ambassade ou bases militaires) comme garantie pour les vaccins anti-Covid-19. De quoi susciter l’immense colère des négociateurs sud-américains qui n’ont pas hésité à dénoncer « un chantage de haut niveau ».

Pour le cas de la République Dominicaine, l’attitude de Pfizer a été exécrable. Non seulement le géant américain a exigé de cet Etat qu’il assume toutes les charges qui émaneront des plaintes déposées contre le labo, mais lui a facturé 96 millions de dollars pour seulement 8 millions de doses de vaccins.

Pire, tout gouvernement qui signe ce contrat ne peut plus annuler la commande même si Pfizer ne respecte pas les dates de livraison. Et ce n’est pas tout. Les contrats sont gérés par un tribunal basé à New-York et non dans les Etats dans lesquels ils ont pourtant été signés.

Pour rappel, en juillet dernier, dans l’article publié par Lecourrier-du-soir.com, notre rédaction avait obtenu de l’organisation Citizen.org des informations compromettantes sur les pratiques de Pfizer. En effet, d’après les informations obtenues par cette organisation, dans ses contrats signés avec les Etats, le géant pharmaceutique américain dicte sa loi.

Preuve à l’appui, Citizen.org accuse le laboratoire américain d’avoir muselé des gouvernements. Par exemple, dans le cas des contrats signés avec le Brésil, le gouvernement de ce pays avait reçu l’ordre de ne divulguer aucune information concernant les termes de l’accord.

Apparemment, le Brésil ne serait pas le seul pays à avoir subi la dictature du tout-puissant laboratoire américain. Car, d’après Citizen.org, les mêmes conditions de confidentialité ont aussi été imposées à l’Union Européenne et au gouvernement américain. “Dans ces cas, toutefois, l’obligation s’applique aux deux parties”, note l’organisation.

Dans le cas des Etats-Unis, par exemple, le gouvernement américain a reçu l’ordre de n’émettre aucune déclaration publique sur l’existence du deal ou les termes de celui-ci. L’Union Européenne, quant à elle, a reçu l’ordre de ne pas divulguer le prix des doses de vaccins. En gros, la consigne est claire : toute information mise à la disposition du public doit, au préalable, obtenir l’accord de Pfizer.

Mais, le plus scandaleux dans cette révélation faite par Citizen.org réside dans le fait qu’en cas de litige, Pfizer ne peut pas être poursuivi par des tribunaux publics, mais plutôt privés. Ainsi, à en croire Citizen.org, il s’agit d’un “panel constitué de trois arbitres (juges, ndlr) privés imposé au gouvernement lors de la signature de l’accord”.

Sur ce, Citizen.org précise : “le jugement (arbitrage) est mené selon les règles de l’arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale (CCI). Il est exigé aux deux parties de tout garder en secret”. Parlant de l’arbitrage privé, l’organisation ne mâche pas ses mots : “l’arbitrage privé reflète un déséquilibre du pouvoir. Il permet aux géants pharmaceutiques tels que Pfizer de contourner les règles juridiques des Etats. Ceci consolide le pouvoir corporatif et piétine l’Etat de droit”.