Scandale : l’Espagne achète 344 000 boîtes Paxlovid à Pfizer pour 238 millions d’euros, seuls 2% de patients soignés

L’Etat espagnol a acheté 344 000 doses de Paxlovid (pilule fabriquée par Pfizer) pour un montant de 238 millions d’euros. Pourtant, d’après les informations fournies par la presse espagnole, seuls 2% des patients souffrant de Covid ont été traités avec ce médicament

Un mystère que certains voudraient percer un jour ou l’autre. En mars dernier, il a été révélé dans la presse française que l’Etat avait commandé 500 000 boîtes de Paxlovid à 250 millions d’euros. Pourtant, dans ce pays, seuls 350 patients ont été soignés avec ce médicament.

La nouvelle avait déclenché une vif tollé en France où les réactions étaient nombreuses. Pire, plusieurs études ont récemment prouvé que le Paxlovid, médicament fabriqué par Pfizer, n’est pas efficace dans la lutte contre le Covid. Mais, apparemment, la France n’est pas le seul pays européen à avoir payé autant d’argent dans un médicament qui n’aura apporté que très peu de bienfaits. En Espagne aussi, le Paxlovid déclenche une vive polémique.

En effet, Lecourrier-du-soir.com a appris, ces derniers jours, de plusieurs sources fiables que le gouvernement espagnol a également dépensé un pognon de dingue pour acheter la pilule de Pfizer. Pourtant, au final, seuls 2% de patients y ont eu droit. C’est du moins ce que révèle le média LaRioja.com.

Dans un article paru ce 4 juin et lu par Lecourrier-du-soir.com, le journaliste Alberto Soto fait des révélations de taille. D’après les informations qu’il a pu obtenir, le gouvernement espagnol a commandé 344 000 boîtes de Paxlovid à Pfizer pour un montant 238 millions d’euros. Résultat : seuls 2% de patients ont été traités avec ce médicament, soit 1 218 personnes en tout. D’après le journaliste, ces chiffres ont été dévoilés par la commission du Sénat en charge des questions sanitaires.

Mais, alors, pourquoi le Paxlovid a été administré à si peu de patients? A cette question, le média espagnol tente de fournir une réponse. Et là, on se rend compte que les motifs évoqués par le journaliste sont presque les mêmes que ceux évoqués par les médecins en France, à savoir l’absence d’informations précises sur les conditions requises pour que le médicament soit administré à un patient ou encore la procédure très complexe pour se procurer le médicament.

D’ailleurs, sur cette procédure très compliquée, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, disait ceci : “dans les 5 jours, le patient doit se rendre compte qu’il a le Covid. Il doit aller voir son médecin qui doit l’envoyer ensuite faire un test et ensuite rentrer dans une plateforme informatique un peu compliquée pour ensuite pouvoir commander le produit. Ça décourage tout le monde”.

Pour d’autres, l’échec réside dans la communication autour du médicament. “Les médecins ne l’ont plus en tête. On est aujourd’hui submergés par des tas d’informations, notamment concernant le Covid. Si vous le dites une fois, ça n’est pas suffisant. Est-ce qu’on a dépensé autant dans l’achat des boites que dans la communication autour du produit, pas forcément”, déplorait Jacques Battistoni, président du syndicat MG France.