Sénégal : en colère, des activistes dénoncent l’exploitation sauvage des ressources maritimes par l’Occident et l’Asie

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Des activistes sénégalais ont transmis à notre rédaction Lecourrier-du-soir.com une pétition dénonçant les magouilles qui entourent le secteur de la pêche gangrénée par une corruption systémique qui se manifeste par l’octroi de contrats de pêches à des multinationales occidentales et asiatiques au détriment de la population locale. Ces activistes tirent la sonnette d’alarme et attirent l’attention des organismes internationaux spécialisés dans la pêche sur un phénomène périlleux qui non seulement gagne de l’ampleur au Sénégal mais plonge des centaines de milliers de pêcheurs locaux dans la précarité, les obligeant ainsi à s’embarquer dans des pirogues de fortune pour chercher une vie meilleure en Europe dans des conditions inhumaines

Bonne lecture !

“Sénégal Sunuugal…

Depuis 1980, notre océan faisant partie des plus poissonneuses est pris en otage par des mastodontes étrangers.

Alors que l’économie mondiale est en récession, l’insécurité alimentaire imminente, la diversité animale en baisse ; les stocks de poissons subissent un déclin abrupt.

Pourtant presque 600.000 personnes vivent des activités de la pêche. Vous me direz qu’ils devraient  en principe pouvoir continuellement se nourrir de leur pêche ou avec la vente de leur capture. Hélas non,  faudrait-il déjà que la ressource soit disponible et accessible. Ces acteurs font preuve d’un sur effort de pêche non négligeable, mais malheureusement annihilé par la puissance des navires étrangers et le développement des usines de farine de poisson.

Alors que depuis 2012 les licences de pêche sont gelées au niveau local par le gouvernement pour disent-ils pallier la raréfaction des ressources halieutiques et appuyer le repos biologique, des bateaux industriels à majorité chinois sont présents sur nos océans puisant des tonnes de poissons. Dans nos eaux sénégalaises, nos pêcheurs parcourent des kilomètres en mer pendant des jours à la recherche de cette denrée devenue rare pour finalement rentrer presque bredouilles.

Ils se contentent d’attendre tout bonnement que ces navires remorquent leur pêche afin de se servir à la sauvette ou d’attendre sagement qu’ils veuillent bien leur lancer le reste de leur pêche. Toute la chaîne de valeur en souffre aujourd’hui, du pêcheur au mareyeur à la transformatrice de produits halieutiques. Les petits pélagiques tels que les sardines, les maquereaux ou les anchois se font de plus en plus rare contraignant les acteurs à acquérir des licences au large des côtes mauritaniennes.

En date du 11 mai , par une lettre ouverte adressée à Son excellence Macky Sall, diverses organisations de la pêche au Sénégal avec Greenpeace Africa ont tiré la sonnette sur le danger qui pesait sur nos ressources halieutiques à travers l’octroi de licences de pêche à 56 navires de pêche à majorité étrangers et en voie de Sénégalisation à travers des sociétés écrans sous forme de « prêtes noms » sans évaluation préalable sur les stocks. Cette lettre mettait en exergue les effets dévastateurs et potentiellement irréversibles pour les pêcheries sénégalaises, En l’état :

  • Une surpêche pouvant entraîner un effondrement des stocks ; la menace sur la sécurité alimentaire et de surcroît le risque d’évasion des bénéfices.

Alors que la polémique continue d’être alimentée, le 12 Novembre 2020, de nouveaux accords de pêche avec l’Union Européenne apparaissent pour moins de 9 millions d’euros étalés sur 5 ans à raison d’une pêche de 10.000 tonnes de thon et 1750 tonnes de merlu noir par an alors que Greenpeace recommande une pêche limitée à 3000 tonnes de merlu par an. Ces accords de pêche peuvent être considérés sans contrepartie de la part de l’UE avec une évaluation du kilo de thon à 17 centimes d’euros uniquement alors que les prix FOB vont de 800 à 1800 euros.

Enfin, nos pêcheurs sont désormais frappés d’une épidémie qui s’est étendue en quelques semaines suite au déversement de produits toxiques initié par les unités chinoises installées sur la petite côte, le vidange en pleine mer ainsi que le dégazage des bateaux après déchargement.

Nous demandons le soutien des organismes internationaux spécialisés dans la pêche, le respect de l’environnement et la protection de l’emploi et exigeons à l’état du Sénégal:

  • de revoir ces accords de pêche au risque de ne plus voir de poissons dans nos eaux sénégalaises d’ici 5 ans.
  • Lever le voile sur ces licences de pêche douteuses
  • Veiller au maintien des emplois de tous les acteurs de la pêche
  • Mener une étude rigoureuse sur l’état des stocks de ressources halieutiques
  • Et enfin palier au déversement des produits toxiques en pleine mer”