Stéphane Bigeard : “je n’ai pas pu être champion, alors j’aide les autres à le devenir”

En 1998, la petite équipe du RC Lens remporte le Championnat de France de football. Un succès que l’équipe doit en partie à Stéphane Bigeard, consultant en communication et en management. Dans son roman autobiographique, il dévoile comment il a aidé cette équipe à se surpasser et gagner en confiance. 

Comment passe-t-on de l’ombre à la lumière ? Stéphane Bigeard, consultant en communication et management dans le sport et dans les entreprises, depuis trente ans, raconte l’incroyable épopée du RC Lens. Dans son premier  roman, “De l’ombre à la lumière du nord”, on découvre comment l’entraîneur, Daniel Leclerc, surnommé ici le “Menhir”, accompagné du conseiller Axel Coban, qui n’est autre que Stéphane Bigeard, ont mené cette petite équipe à devenir champion de France de football en 1998. Un roman autobiographique, où l’auteur dévoile ses méthodes managériales pour nous mener vers le succès.

Journaliste : Votre métier semble un peu “mystérieux” ? 

Stéphane Bigeard : À cette époque. On considérait qu’un entraîneur qui n’emmenait pas son équipe tout seul à la victoire était incompétent. Le rôle de conseiller était tabou. Nous étions même considérés comme des gourous.

  1. : Mais reconnu aujourd’hui ?

S.B : Oui, prenez l’exemple de Yannick Noah qui a été tant encensé après avoir conseillé l’entraîneur de l’équipe de foot du Cameroun en 2007.

  1. : C’est aussi ça la magie du foot, tout le monde s’y retrouve ?

G.B : Tout le monde a un souvenir lié au foot, c’est un sport grand public. Il y a une sorte de transfert qui se crée. À l’époque, il ne disposait pas des moyens d’aujourd’hui. C’est aussi pour ça que c’est un bon laboratoire.

  1. : Pourquoi avoir choisi d’écrire un roman ?

G.B : Je ne me souvenais pas de certains détails : par exemple, les rendez-vous étaient-ils vraiment le lundi ? Comme je ne suis pas écrivain, j’avais l’impression de mentir au lecteur. Le roman m’a offert plus de liberté sur ces détails.

  1. : Mais tout est vrai ?

 

G.B : J’ai commencé à prendre des notes à l’époque, à conserver des journaux. Tout est tiré de ces notes. Par exemple, je me suis vraiment évanouie quand ils ont gagné…

  1. : Sauf certains détails, qui n’échappent pas aux supporters …

G.B : (Rires) Un jour, un supporter m’a dit : “C’est super tout ça, mais on ne chantait pas Les Corons en 1998, on a commencé en 2004. ”Rien ne leur échappe. J’ai choisi d’évoquer “Les Corons”, parce que ça parle à tout le monde.

  1. : C’est frustrant d’être dans l’ombre des gagnants ? 

S.B : Ce sont les joueurs qui ont fait tout le travail. Même s’il y a toujours quelqu’un dans l’ombre des grands Hommes et Femmes pour les aider. Deux biographies m’inspirent particulièrement.

  1. : Lesquelles ?

S.B : Mozart d’abord, qui n’aurait jamais connu le succès sans la notoriété de son père, qui le poussait à se dépasser. Depardieu aussi. Il n’aurait jamais percé sans son pygmalion. On manque de révélateurs, de personnes qui vont souffler sur la braise. Mais ce n’est pas tout de le trouver, il faut aussi trouver son propre révélateur.

  1. : C’est-à-dire ?

S.B : ll faut savoir mettre des mots sur ce qu’on veut. Si la question n’est pas bonne, la réponse ne peut pas l’être. Chaque personne est une graine magique, qui ne demande qu’à grandir. Mais si on ne nous plante pas dans la bonne terre, on ne peut pas se déployer.

  1. : Ça a été votre cas ?

S.B : J’ai commencé le judo à 10 ans. Mon rêve était d’être un champion. Mais comme je ne n’étais pas assez bon, j’ai voulu aider les autres à le devenir ! La vie m’a offert une occasion : il faut provoquer sa chance. C’est vrai dans tous les métiers.

Journaliste : Vous évoquez des principes de neurosciences ?

S.B : Dans les années 1990, on parlait de plus en plus de cette discipline. On commençait à s’intéresser aux parties du cerveau plus subconscientes. Cela rejoint certaines techniques de management : il faut préparer son cerveau à ce qu’on veut lui demander.

  1. : On retrouve aussi des techniques d’autohypnose ?

S.B : Oui, il faut aussi préparer son cerveau à accueillir l’idée. Ça permet de s’auto persuader qu’on va y arriver.

Alexandra Edip 

Stéphane Bigeard,

De l’ombre à la lumière du Nord

Éditions Jets d’encre

25,90 €

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Cheikh Tidiane DIENG est fondateur et rédacteur en chef du site www.lecourrier-du-soir.com. Diplômé en Médias Internationaux à Paris, en Langues et Marché des Médias Européens à Dijon et en Langues étrangères (anglais et espagnol) au Sénégal, ce passionné de journalisme intervient dans des domaines aussi divers que la politique internationale, l’économie, le sport, la culture entre autres. Il est aussi auteur du livre : "Covid-19 ; le monde d'après sera une dictature". Contact : cheikhdieng05@gmail.com