Surveillance par drone, confinement, couvre-feu : la France, sous Macron, est devenue un Etat policier

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La démocratie est en train de vivre des heures sombres en France et il est du devoir de la presse de tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. En effet, après la menace proférée par l’Exécutif de réactiver le 49.3 pour imposer un Etat d’urgence jusqu’au 16 février et après avoir suspendu toutes les libertés individuelles dans le cadre du nouveau confinement qui devrait être durcie dans les heures qui viennent, la France se dirige inévitablement vers un Etat policier.

Les prémices d’un Etat policier étaient déjà là en 2018 lorsque l’Etat avait déployé des mesures exceptionnelles (jamais déployées en temps de paix) pour réprimer dans le sang des manifestants Gilets Jaunes dont le seul tort était d’exiger des meilleures conditions sociales. Cependant, craignant qu’ils ne finissent par renverser le pouvoir en place, la réponse qui leur a été adressée a été d’une violence inouïe et restera à jamais gravée dans les annales de l’Histoire de la France.

Depuis, l’Etat n’a jamais lésiné sur les moyens pour éviter toute révolte sociale. Et l’arrivée de la crise sanitaire qui a déjà plongé le pays dans une crise économique comparable à celle des années 30 (avec un taux de chômage qui devrait atteindre les 9,7% fin 2020) semble avoir légitimé une politique autoritaire dans l’une des plus grandes démocraties du monde occidental.

En effet, Emmanuel Macron n’éprouve désormais aucune gêne au moment de recourir à la police pour sauver ce qui reste de son quinquennat. Et cela peut se comprendre. Car, frappée par une série d’attentats terroristes islamistes et un marasme économique dont les conséquences dévastatrices commencent à se faire sentir, la France est plongée dans la psychose. Elle a les nerfs tendus et l’Etat sait que le soutien du peuple s’étiole. Il est donc conscient que sa survie ne tient qu’à un fil et que seule une loyauté inébranlable des forces de l’ordre pourrait lui éviter le pire.

Il est ainsi intéressant de faire remarquer qu’en France, la police n’a jamais aussi choyée que sous le règne de Macron. Et les faits sont là pour en témoigner. En effet, ces deux dernières années, ayant senti la fragilité du pouvoir suite aux violentes révoltes du mouvement Gilets Jaunes, la police a profité de cette immense opportunité qui s’offre à elle pour marquer le coup en déroulant une série de revendications et en exigeant du pouvoir des réponses immédiates.

Mercredi 2 octobre 2019, pour la première depuis près de 20 ans, les policiers prennent d’assaut les rues de Paris dans une manif baptisée “marche de la colère”. Face à la presse, ils exigent : “l’amélioration de la qualité de vie et du travail, une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l’Intérieur (Transports, logement, restauration, garde d’enfants, mutuelle…), une réponse pénale efficace et dissuasive, la défense de leurs retraites et une loi de programmation ambitieuse pour un service public de qualité”.

Pour pousser le gouvernement à répondre à leurs revendications, ils n’hésitent plus à recourir à un discours menaçant comme celui tenu par Fabien Vanhemelryck, membre du syndicat Alliance qui s’était adressé au pouvoir en ces termes : “le gouvernement sous-estime le pouvoir de nuisance que nous pouvons avoir si on commence à se mettre en colère. C’est historique. Le dernier appel comme ça remonte à 2001. Et si on appelle toutes les organisations à se réunir dans la rue, c’est qu’il est grand temps de lancer le premier avertissement en haut lieu. On sait que ce genre de choses, ça va à un moment ou à un autre dépasser le ministre. Donc, on vise le président”.

Sentant venir le danger, le gouvernement avait immédiatement en annonçant fin octobre 2019, (dans un communiqué officiel publié par le ministère de l’intérieur à l’époque dirigé par Christophe Castaner), avoir déloqué 50 millions d’euros pour indemniser près de 3,5 millions d’heures supplémentaires”. Un geste inédit.

Et ce n’est pas tout. L’Etat, dans sa volonté d’apaiser la colère des policiers (la seule qui pourrait véritablement provoquer la chute de Macron), annoncera en octobre 2020 une augmentation historique du budget 2020 de la police de 325 millions d’euros. Une somme colossale qui a très largement alimenté la polémique en France, notamment sur les réseaux sociaux.

L’Etat peut désormais dormir sur ses deux oreilles après avoir réussi à calmer le courroux des forces de l’ordre, les seuls qui représentent une menace à son pouvoir. Désormais, que lui reste-t-il à faire? Dérouler sans complexe ni crainte une politique répressive sans trop se soucier de la réaction du peuple enfermé chez lui et dépouillé de tout pouvoir d’action.

Allons au vif du sujet. Un projet de loi liberticide dit “sécurité globale” est en cours en France. S’il passe, il attribuera à la police municipale des pouvoirs exceptionnels. En effet, avec la sécurité globale, il sera totalement interdit de filmer les policiers, la surveillance par drone sera légalisée et le reconnaissance faciale ne sera plus un fantasme mais une réalité qui sera appliquée lors des grandes manifs en France.

La loi “sécurité globale”, qui sera débattue à l’Assemblée le 04 novembre prochain, est loin de faire l’unanimité. Car, pour beaucoup, c’est une manière déguisée de légitimer les violences policières et l’indignation qu’elle provoque est grande. “Cette loi est liberticide”, s’agace d’ailleurs Emmanuel Poupard, premier secrétaire général du SNJ (Société Nationale des Journalistes). Pour le moment, très peu de détails sont fournis aux citoyens sur cette loi criminelle qui risque, dans un futur proche, de transformer la France en un véritable Etat policier.

Trois ans seulement après l’arrivée de Macron au pouvoir, voilà où nous en sommes arrivés. Personne ne pouvait imaginer en 2017 que ce pays basculerait du jour au lendemain d’un régime civil démocratique à un régime d’Etat policier totalement décomplexé où les forces de l’ordre, soutenus par le gouvernement qui joue sa survie, détiennent tous les pouvoirs face à un peuple totalement désarmé.

Il n’y a désormais plus de doute que sans l’autorité policière, l’autorité étatique incarnée par Emmanuel Macron n’existe plus. Dire que les deux sont de mèche est une absurdité. La police n’a pas besoin de l’Etat pour continuer à exercer son autorité. Par contre, l’Etat a bien besoin d’elle pour se maintenir au pouvoir. Et c’est la triste réalité du moment.