Tension au Sahel : la Grèce ouvre une ambassade au Sénégal pour devenir une puissance étrangère en Afrique

La Grèce entend jouer un rôle dans le conflit au Sahel et annonce l’ouverture d’une ambassade au Sénégal

Le Sahel suscite désormais l’intérêt tout particulier de tous les Etats occidentaux, y compris ceux qui n’ont jamais eu un passé colonial en Afrique. Parmi eux, figure la Grèce, pays membre de l’Union Européenne qui, ces dernières années, traverse une véritable crise financière en raison d’une dette estimée à plus de 300 milliards d’euros.

Ce pays jadis très refermé sur lui-même se veut désormais une puissance et l’Afrique semble être son terrain favori. D’ailleurs, l’Etat grec suit de près l’évolution de la situation au Sahel et dit ne pas être insensible aux crises politiques et humanitaires qui se déroulent dans cette partie de l’Afrique où pullulent des groupes djihadistes.

Pour mieux se rapprocher de l’Afrique, Athènes entend nouer des relations diplomatiques très chaleureuses avec des pays d’Afrique de l’Ouest et le Sénégal semble être son premier partenaire. C’est ainsi que le pays a annoncé l’ouverture d’une ambassade à Dakar, capitale du Sénégal. L’information a été donnée ce 19 mars par Nikos Dendias, ministre grec des Affaires étrangères dans un twitte lu par Lecourrier-du-soir.com.

En effet, dans le twitte en question, on pouvait lire : “aujourd’hui, j’ai participé à la 2è Réunion Ministérielle de la Coalition pour le Sahel par visioconférence. La Grèce attache une importance particulière à la stabilité de cette zone cruciale. Dans ce cadre, elle vient d’ouvrir son ambassade à Dakar et a nommé son Ambassadeur au Sénégal comme représentant spécial dans le Sahel”.

D’après le média grec GreekCityTimes, le chef de la diplomatie grecque entend impliquer son pays dans la résolution de la crise humanitaire qui bouleverse le Sahel depuis bientôt dix ans. Il faut souligner que la détérioration de la région a été surtout exacerbée par la guerre au Mali mais aussi par la chute de Mouammar Gaddafi.

Toutefois, il y a une réalité que le ministre grec des Affaires étrangères ne veut pas dévoiler. C’est que la Grèce fait partie des pays sollicités par la France dans sa lutte contre le djihadisme au Sahel. D’ailleurs, en novembre dernier, Lecourrier-du-soir.com a appris de source sûre que des forces spéciales grecques allaient être déployées au Mali dans le cadre d’une opération baptisée Takuba et pilotée par la France. L’annonce de cette décision avait été faite par le ministre grec de la Défense, Nikos Panayiotopoulos.