Macron vend 30 avions Rafale au dictateur Al-Sissi pour 4,5 milliards et crache encore sur la Démocratie

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En se montrant trop proche du général Al-Sisi, Emmanuel Macron a fini par légitimer un apprenti-dictateur arrivé au pouvoir par un coup d’Etat militaire. Ce constat alarmant est dressé après les révélations de la part de plusieurs médias ce 4 mai que la France a vendu 30 avions de combat Rafale à l’Egypte.

La nouvelle a été confirmée par la presse française et dans la presse internationale, on parle d’un juteux contrat pour lequel Paris a touché 4,5 milliards de dollars, soit 3,95 milliards d’euros. Le journal Le Monde fournit des détails sur cette transaction et révèle que “l’Egypte a obtenu un prêt garanti par la France à hauteur de 85 % pour financer ces achats, faisant peser sur les contribuables français un éventuel défaut de paiement”.

La nouvelle à peine annoncée, l’Etat français, par le truchement de son ministre des Armées Florence Parly, saute de joie. “Je me félicite de la vente de 30 Rafale à l’Egypte, partenaire stratégique. Ce succès à l’export est crucial pour notre souveraineté et le maintien de 7 000 emplois industriels en France pendant 3 ans. Le Rafale démontre à nouveau son excellence technologique et opérationnelle”, s’est réjouie Parly.

Nul besoin d’entrer dans les détails de cette transaction. Il y a juste deux choses qui devraient inquiéter n’importe quel analyste politique après avoir eu connaissance de ce deal.

Premièrement, la vente s’est faite avec un risque de paiement comme précisé par Le Monde. Autrement dit, si jamais le régime d’Al-Sisi tombe, c’est le contribuable français qui remboursera.

Deuxièmement, ces armes ne sont pas destinées à n’importe quel chef d’Etat. Ici, on parle du régime égyptien dirigé par un général de l’armée qui règne en maître dans son pays et dont le bilan en matière de droit de l’Homme est très préoccupant. En effet, des opposants politiques sont emprisonnés en Egypte et des manifestations pro-Liberté sont durement réprimées dans le sang. La violence du régime n’épargne personne. Même des médecins très critiques par rapport à la gestion de la pandémie sont écroués.

D’ailleurs, ce mardi, peu après l’annonce de ce méga-contrat, plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme ont fait part de leur indignation. C’est notamment le cas de Human Rights Watch dont la présidente à Paris, Bénédicte Jeannerod, accuse la France d’encourage “une répression implacable”.

Il est intéressant de souligner que ce gigantesque contrat est signé avec l’un des derniers dictateurs du Moyen-Orient quelques mois après son sacre à Paris où il a reçu, en décembre dernier, la Légion d’Honneur des mains d’Emmanuel Macron. Cette distinction avait pourtant suscité une vive polémique en France. Mais, apparemment, Macron n’a aucunement l’intention de rompre le lien avec un dirigeant sanguinaire.

Cette relation entre les deux dirigeants est d’autant plus troublante que Macron n’a cessé, depuis son accession à l’Elysée, de donner des leçons de démocratie à tout bout de champ à des dirigeants africains ou même à Erdogan, président de la Turquie. Cependant, quand il s’agit du régime égyptien, c’est silence radio. Le dictateur n’a droit à aucune critique virulente de la part de Paris avec qui d’ailleurs il partage les mêmes intérêts en Libye où ils défendent ouvertement le seigneur de guerre, Khalifa Haftar.

La même préoccupation se pose aujourd’hui en Afrique où beaucoup s’indignent du soutien en catimini que Paris accorde à l’armée tchadienne qui a orchestré, fin avril, un véritable coup d’Etat en imposant le fils du défunt président Idriss Déby en violation totale de la Constitution de ce pays.

Al-Sissi est et reste un dictateur et Paris ne devrait en aucun cas se permettre de lui accorder une quelconque légitimité en lui fournissant des armes qui, demain, pourraient se retrouver contre ses voisins et pourquoi pas contre son peuple. C’est une gravissime erreur diplomatique qui prouve, une fois de plus, que Macron ne voit que ses intérêts et s’en fiche éperdument des droits de l’Homme quand ces alliés sont pris la main dans le pot de confiture.