Le gouvernement peut-il remettre de l’ordre dans le dossier de la mutuelle santé de la branche HCR ?

Syndicats et organisations patronales de l’hôtellerie-restauration sont convoqués, ce mercredi 22 novembre, par le ministère du Travail. À l’ordre du jour, une discussion sur l’opacité du dossier mutuelle santé de la branche et sur certaines pratiques à la limite de la légalité.

Ils ont traîné des pieds. Mais les partenaires sociaux, et plus particulièrement les syndicats de salariés, devront finalement, ce mercredi 22 novembre, évoquer avec les cadres du ministère de Travail l’épineux dossier de la mutuelle santé de la branche HCR (hôtels, cafés, restaurants). Initialement convoqués début novembre, les partenaires sociaux de la branche HCR sont priés de se présenter demain pour « faire le point sur les difficultés », selon un mail du cabinet d’Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion. À l’ordre du jour, au moins trois dossiers qui ont beaucoup agité, ces derniers temps, les professionnels du secteur : l’explosion des tarifs des adhésions aux mutuelles (près de 70 % d’augmentation annoncés pour 2024), les problèmes de gouvernance après que les institutions de prévoyances (IP) du secteur, Klesia et Malakoff Humanis, ont mis au pas les partenaires sociaux et, enfin, la question du gestionnaire Colonna Facility.

Un appel d’offre qui interroge

Les deux IP ont réussi, ces dernières années, à créer une chape de plomb sur tout un secteur. Alors que les partenaires sociaux étaient autrefois décisionnaires en matière de santé et de prévoyance de la branche, Klesia et Malakoff Humanis ont profité de certaines zones grises dans la loi pour prendre, à leur compte, la gouvernance. Et en juin 2022, tout s’est accéléré avec l’annonce, pourtant contre l’avis des syndicats qui s’y étaient clairement opposés jusqu’au mois d’avril 2022, d’une explosion des tarifs d’adhésion. Par la même occasion, Klesia et Malakoff Humanis décidaient de se séparer du gestionnaire santé et prévoyance de la branche, Colonna Facility, pourtant reconnu pour son travail. Un appel d’offres avait alors été lancé, en fin d’année, pour dérouler le tapis rouge à un autre acteur clé qui était programmé pour reprendre la gestion : Diot-Siaci.

La fin de l’impunité ?

Dans ce dossier, les syndicats ont, petit à petit, laissé faire. Et les deux IP pensaient pouvoir manœuvrer tranquillement. C’était sans compter sur l’arrivée, un peu surprenante, de Thierry Marx, le célèbre chef étoilé, à la tête de l’UMIH, une des organisations patronales de la branche HCR qui, avec un autre syndicat, le GNC, s’étonne de la façon dont se sont déroulées les choses. Pesant près de 70 % des employeurs du secteur, l’UMIH et le GNC ont engagé des poursuites judiciaires, réclamant une véritable remise à plat de la gouvernance : les deux organisations demandent une gouvernance plus transparente, l’annulation de la résiliation de l’accord de gestion et un nouvel appel d’offre qui serait, cette fois, ouvert au gestionnaire actuel. L’UMIH et le GNC accusent, de plus, les IP d’avoir imposé « à marche forcée » les évolutions tarifaires et de garanties à leurs adhérents. La réunion qui se déroule ce mercredi 22 novembre s’annonce cruciale. Le gouvernement a tout intérêt à remettre de l’ordre dans un secteur dans lequel Klesia et Malakoff Humanis, qui prônent pourtant des valeurs fortes, n’ont cessé de créer le chaos.

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Cheikh DIENG est fondateur et rédacteur en chef du site www.lecourrier-du-soir.com. Diplômé en Médias Internationaux à Paris, en Langues et Marché des Médias à Dijon et en Langues étrangères (anglais, espagnol et italien), ce passionné de journalisme intervient dans des domaines aussi divers que la politique internationale, l’économie, le sport, la culture entre autres. Il est aussi auteur du livre : "Covid-19 ; le monde d'après sera une dictature". Contact : cheikhdieng05@gmail.com