Affaire Geneviève Legay : la tête du Procureur de Nice est tombée

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Le Procureur de Nice, qui disait avoir disculpé les policiers soupçonnés d’avoir violemment agressé Geneviève Legay lors d’une manifestation Gilets Jaunes le 23 mars dernier, sera muté au poste d’avocat général de la cour d’appel de Lyon

Le Procureur de Nice est la première victime dans l’affaire Geneviève Legay. En effet, il y a quelques jours, l’attitude de Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice, avait créé un malaise. Le 24 juillet, la presse venait de relayer les propos du procureur qui disait avoir disculpé les policiers soupçonnés d’avoir violemment agressé Geneviève Legay pour ne pas embarrasser Macron.

L’attitude du Procureur dans un dossier qui tient en haleine des milliers de Français avait suscité une vague de réactions en France, notamment dans la classe politique et avait provoqué un malaise profond au sein de l’Exécutif accusé de connivence avec la justice française.

« Sa position était intenable »

Plus d’une semaine plus tard, en pleine affaire Steve, le ministre de l’Intérieur, de plus en plus critiqué, a décidé d’infliger une sanction exemplaire au procureur de Nice. Ce qui est fait. Jean-Michel Prêtre va bientôt être muté au poste d’avocat général de la cour d’appel de Lyon, ce qui équivaut à une rétrogradation, puisqu’il ne sera plus à la tête du parquet, mais soumis aux ordres d’un procureur général.

Selon Libération qui donne l’information, la mutation du procureur de Nice devrait être examinée par le Conseil de la magistrature suprême (CMS) début septembre. Justifiant la rétrogradation de Jean-Michel Prêtre, une source confie à Libération : « sa position était intenable ».

« Des fautes professionnelles graves de la part du procureur »

Rappelons que l’attitude du Procureur qui, ces derniers mois a défendu des versions totalement contradictoires sur cette affaire, n’a cessé d’indigner les Français. En effet, le 25 mars, il défendait, lors d’une conférence de presse, l’idée selon laquelle les forces de l’ordre n’avaient pas fait tomber Geneviève Legay. Pourtant, quelques jours plus tard, il revient sur ses propos expliquant cette fois-ci que la dame de 73 ans était tombée suite au geste d’ « écartement du bras » d’un policier.

Autre fait grave, le Procureur n’a jamais voulu citer un rapport de la gendarmerie qui mettait carrément en cause la police, attestant d’une charge de police totalement disproportionnée. Pour Maître Arié Alimi, avocat de Geneviève Legay, soit le procureur n’avait pas connaissance de ce rapport, ce qui est une faute professionnelle, soit il en avait connaissance mais a préféré garder le silence, ce qui constitue une infraction pénale.