Affaire Zecler : le préfet de Paris soutient financièrement les policiers en se servant d’un fonds de 30 millions d’euros

Les policiers mis en cause dans l’Affaire Zecler ont bénéficié d’une aide financière de la part du préfet de police de Paris, Didier Lallement, sans que leur éligibilité à cette aide ne soit justifiée

La police française est sur le feu des projecteurs et c’est une très mauvaise nouvelle pour Gérald Darmanin, ministre français de l’Intérieur. Car, plus d’une semaine après la violente agression qui a visé Michel Zecler, producteur de musique, un autre scandale risque de faire tomber des têtes. Et Darmanin pourrait bien en payer les frais.

En effet, le média français Le Nouvel Obs a révélé ce lundi que Didier Lallement, préfet de Paris, a offert un soutien financier aux policiers mis en examen. Le média parle d’ « une protection personnelle » octroyée aux quatre policiers suite à un tract d’un syndicat de police.

« Les conditions d’octroi de la protection personnelle demeurent floues »

Lecourrier-du-soir.com a pu retrouver le tract sur Twitter. Le message du syndicat UNSA Police est clair : « le préfet de police octroie à nos collègues du commissariat du 17ème arrondissement de Paris la protection fonctionnelle. L’UNSA police a été entendue. La présomption d’innocence pour nos collègues doit rester la règle quels que soient l’opinion publique et le sentiment personnel de chacun ».

Ce qui est gravissime dans cette histoire qui risque de coûter très cher à Lallement est que la protection personnelle qui consiste à la prise en charge par l’administration de tout ou une partie des frais d’avocat dès lors qu’un policier est mis en cause dans le cadre de son activité professionnelle répond à des critères strictes et n’est pas automatique.

Ainsi, selon le Huffington Post, cette pratique doit d’abord faire l’objet d’une demande de la part de chaque agent concerné et il revient ensuite à sa hiérarchie de déterminer si ce dernier y est éligible ou non. L’une des conditions rédhibitoires, non retenue dans ce cas, est s’il est déterminé que les faits reprochés relèvent de la “faute personnelle” et non d’une “faute de service”.

« Darmanin a bien été informé »

Les fonds destinés à couvrir la protection personnelle des agents de police proviennent, d’après Le Nouvel Obs, d’une enveloppe des frais des contentieux du ministère de l’Intérieur. Cette enveloppe a explosé ces dernières années passant de 20,8 millions d’euros en 2017 à 33 millions d’euros en 2018.