Arrestation du journaliste Pape Alé Niang : au Sénégal, les dérives totalitaires du régime pro-Macron terrorisent le peuple

Le régime de Macky Sall, allié inconditionnel de Macron en Afrique, est-il en train de perdre la tête?

Cette question semble avoir toute sa pertinence à la suite des récents événements qui ont marqué la vie politique d’un pays dont le chef d’Etat ne se gêne plus de recourir aux moyens les plus anti-démocratiques pour “réduire l’opposotion à sa plus simple expression”, quitte à faire taire, de la plus vile des manières, toute voix dissidente.

Et ce constant est d’autant plus inquiétant que plus le temps passe, plus l’Exécutif (obnubilé par un troisième mandat de Macky Sall à la tête du pays) perd ses nerfs en s’en prenant injusticement à d’honnêtes citoyens dont le seul tort est de remettre en cause sa gestion tyrannique du pouvoir.

En effet, au Sénégal, le climat politique est d’autant plus délétère que la persécution à l’encontre des citoyens n’épargne plus aucun secteur et fait rage sur les réseaux sociaux où de nombreuses plateformes numériques essaient, tant bien que mal, de résister face à une dictature qui ne dit plus son nom.

Et ce 06 novembre, une nouvelle ligne rouge a été franchie à la suite de l’arrestation du célèbre journaliste d’investigation, Pape Alé Niang, connu du grand public pour ses révélations explosives sur la stratégie mise en place par l’Etat sénégalais afin de neutraliser tout opposant pressenti pour devenir une éventuelle épine dans les souliers de Macky Sall.

Pape Alé Niang a donc été arrêté ce 06 novembre, comme le confirment plusieurs sources locales. Mais, au fait, que lui reproche-t-on? A cette question, le site Seneweb, le premier à avoir révélé l’arrestation du journaliste, nous apporte des éclairages. En effet, à en croire ce média, le directeur de publication de Dakar Matin est dans le viseur de la justice pour “avoir appelé les troupes de l’armée à la révolte, jeté le discrédit sur l’institution militaire et divulgué des documents classés secret-Défense en plus du délit de propagation de fausses informations”.

Pendant ce temps, le pouvoir en place reste silencieux. En tout cas, si, pour le moment, le pouvoir refuse de communiquer sur les vraies raisons de la détention d’un journaliste qui avait joué un grand rôle dans l’élection de Macky Sall en 2012, il est fort probable que cette détention soit liée à ces dernières vidéos publiées sur sa chaîne YouTube en lien avec l’Affaire Sonko, du nom de l’opposant Ousmane Sonko, poursuivi par la justice pour un présumé viol.

Un scandale qui avait failli déclencher une impressionnante révolte populaire contre le pouvoir en mars 2021 lorsque des jeunes, partisans de l’opposant incriminé, avaient pris d’assaut les rues de la capitale pour s’opposer à ce qu’ils pensent être une ruse ourdie par le pouvoir pour éliminer le seul et dernier opposant du régime en place.

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que le régime en place, obsédé par l’ampleur de la révolte numérique qui le menace, s’en prend à des influenceurs. En effet, tout récemment, en août dernier, le jeune Papito Kara (de son vrai nom Pape Ibra Guèye) avait été arrêté pour détournement des Unes de journaux pour une revue qu’il animait sur internet. Et en 2017, le très célébre YouTubeur, Assane Diouf, avait été extradé à Dakar (en provenance des Etats-Unis) pour ses positions anti-pouvoir. Et la liste n’est pas exhaustive.

Ce qui est, toutefois, intéressant dans le cas du journaliste Pape Alé Niang, c’est que son arrestation semble être un signal lancé aux milliers d’internautes qui, ces derniers mois, ont pris d’assaut toutes les plateformes numériques pour dénoncer vigoureusement les dérives d’un régime aux agissements totalement loufoques.

Une chose est sûre : cette arrestation arbitraire et politique doit être condamnée avec la plus grande fermeté par toutes les Diplomaties internationales, en premier lieu la France dont le président Emmanuel Macron est considéré (peut-être à tort) comme l’éminence grise qui susurre dans les oreilles de Macky.

Pour finir, il est important de souligner que depuis 2019, les détentions des opposants et la répression de leurs partisans sont devenus le quotidien de milliers de citoyens qui n’en peuvent plus de devoir supporter éternellement les caprices d’un pouvoir entre les mains de la dynastie Faye/Sall (expression utilisée pour faire allusion à l’inlfuence grandissante de la famille de Macky Sall et de son épouse Marième Faye au sein du pouvoir).

Une réaction de la communauté internationale est la bienvenue car pouvant éventuellement amener Macky Sall à la raison. Et cette réaction est d’autant plus attendue que toutes les digues qui retenaient, jusqu’ici, la Démocratie sénégalaise sont en train, petit à petit, de lâcher.