Confinement et Violences Policières : les banlieues sont transformées en laboratoire de la guerre civile

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Entré en vigueur le 17 mars à midi au lendemain du discours d’Emmanuel Macron marquant l’entrée en lice de la France dans la guerre contre le Coronavirus, le confinement risque plus tard de déclencher un véritable soulèvement populaire dans les quartiers où des affrontements opposent très souvent jeunes aux forces de l’ordre.

En effet, depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux des vidéos de violence policière qui risquent de jeter de l’huile sur le feu dans des quartiers où les relations entre policiers et jeunes n’ont jamais été au beau fixe. Ainsi, une vidéo filmée aux Ulis, dans le 91, a très largement circulé sur la toile ces dernières heures. On y voit un jeune homme, employé chez Amazon, se faire tabasser en pleine rue par un groupe de flics. Le jeune homme, du nom de Sofiane, n’est pourtant ni un criminel, ni un dealer. Son seul tort a été de se déplacer à 500 mètres de chez lui sans attestation.

Depuis le début du confinement, cette violence n’épargne plus aucun quartier. En mi-mars dernier, la violence policière contre une jeune fille âgée de 16 ans et portant le voile avait profondément choqué les internautes. Les faits, cette fois-ci, s’étaient déroulés à Aubervilliers, dans la banlieue parisienne. Dans une autre vidéo, toujours en banlieue, un jeune homme est tasé avant d’être violemment frappé par un groupe de policiers. Et dans une autre vidéo, on y voit un policier crier à des résidents d’un quartier populaire : « rentre dans ton pays, sale baltringue ! ».

Des scènes de violences policières ont largement circulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours et n’ont cessé d’indigner les habitants de la banlieue, devenus tout d’un coup, les proies faciles d’une police qui outrepasse ses prérogatives, qui semble ne plus chercher à les protéger, mais au contraire à les humilier, voire à chercher clairement l’affrontement.

La police est dans son rôle de veiller à ce que le confinement soit strictement respecté et personne ne peut le lui reprocher. Cependant, ce qu’on note dans les cas évoqués relève d’un abus de pouvoir d’un groupe de policiers (pas tous heureusement) qui, lorsqu’ils interviennent en banlieue ou dans les quartiers dits « chauds », se croient tout permis.

Je dois faire remarquer que depuis le début du confinement, dans plusieurs pays européens, les règles ont été durcies. En Italie et en Espagne, une partie de l’Armée est même déployée. Aux Etats-Unis, la garde nationale est également présente dans les rues. Ce déploiement spectaculaire de forces de l’ordre lourdement armées ne doit servir qu’à dissuader mais en aucun cas à jeter de l’huile sur le feu ou à reléguer une partie des Français en position de citoyens de seconde classe. C’est ce qui semble malheureusement se passer dans les banlieues françaises.

Car, dans ces quartiers où les jeunes se font tabasser pour s’être tout simplement déplacés sans attestation, les résidents ont été complètement oubliés par les élus qui ne les sollicitent qu’en période électorale lorsqu’ils lorgnent le fauteuil de l’Elysée. Certains journalistes de très mauvaise foi font courir, depuis des années, la rumeur que ce sont des quartiers en sécession où la République a disparu et où tout ce qui est lié à la France (drapeau, langue, culture) est haï.

 

J’ai moi-même eu à publier des articles où ma position a été très dure à l’égard de certains jeunes de banlieue qui sont nés en France, qui ne connaissent que ce pays mais qui ne cessent de lui cracher dessus sans aucun motif valable. Mes positions m’ont valu des insultes et des menaces de mort sur les réseaux sociaux de la part de certains jeunes de quartiers. Je ne regrette rien. J’assume tout.

Cependant, à l’heure actuelle, force est de reconnaître que le confinement est sérieusement en train de creuser l’inégalité (économique et sociale) en France. Nous savons tous que dans plusieurs quartiers chics de Paris, le confinement est loin d’être respecté. Des jeunes bobos qui y vivent se baladent librement et s’en sortent le plus souvent avec une petite amende ou parfois une simple injonction de rejoindre leur domicile.

Mais, quand il s’agit des habitants de la banlieue, notamment les jeunes, le traitement médiatique est extrêmement défavorable. Dans la presse, pour légitimer les violences policières, ces jeunes ne sont plus traités comme des Français et sont immédiatement assimilés à des délinquants et des dealers qui prendraient un immense plaisir à empêcher que les forces de l’ordre exercent leur mission. Ce qui ne correspond pas à la réalité.

Il est désormais temps que les autorités (le Président de la République et le ministre de l’Intérieur) réagissent avant qu’il ne soit trop. Le respect strict des règles du confinement est une obligation pour tout citoyen vivant sur le sol français car l’ordre émane de l’Etat, la seule autorité légitime sur le territoire et tout citoyen qui enfreint ces règles doit rendre des comptes.

Cependant, dans les quartiers (j’espère me tromper), tout laisse à croire que faire respecter le confinement n’est pas la seule mission des forces de l’ordre. Je dis cela car le traitement inhumain et dégradant réservé à une frange de la population sous le prétexte d’une lutte contre le Covid-19 est inacceptable et pourrait hélas très mal finir. Si le déconfinement tarde à se réaliser, les banlieues risquent de se révolter et ce sera la guerre.