Coup de théâtre en France : malgré la crise sanitaire, un rapport d’Etat s’oppose à une hausse du Smic

Un groupe d’experts chargé de conseiller le gouvernement français sur le smic a rendu ses conclusions dans un rapport transmis au Ministère du Travail ce mardi 1 décembre. Pour eux, il ne doit pas y avoir de “coup de pouce” au smic. Une mauvaise nouvelle qui arrive en pleine crise sanitaire alors que des millions de Français sont plongés dans la précarité

Le smic est-il devenu l’une des victimes du Covid-19? A ce qu’il paraît, c’est bien le cas comme l’explique un rapport d’un panel d’experts consulté avant chaque revalorisation du smic en France. Le rapport présenté par les experts est clair : compte tenu des conséquences drastiques de la crise sanitaire, une revalorisation serait préjudiciable.

“La situation de l’économie française a été bouleversée par la crise de la Covid-19, et les nouvelles configurations provoquées par ce bouleversement ne plaident pas non plus pour un coup de pouce”, préconisent-ils. Et d’ajouter : “l’état du marché du travail et la situation financière de la plupart des entreprises se sont considérablement dégradés et une incertitude majeure pèse sur l’éventualité d’une reprise rapide”. Après avoir pris connaissance du rapport des experts, le premier ministre, Jean Castex, s’est dit favorable à cette recommandation.

“Les Français s’indignent”

Il convient de rappeler, le Smic bénéficie chaque année d’une hausse mécanique, calculée selon deux critères : l’inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE).

Le 1er janvier 2020, le Smic avait ainsi été revalorisé de 1,2 %, sans coup de pouce pour 2,3 millions de bénéficiaires. Il s’établit actuellement à 1 219 euros net mensuels. Pour 2021, les experts indiquent que selon une « estimation provisoire », la revalorisation automatique qui serait de l’ordre de « 0,99 % », permettrait « une hausse du pouvoir d’achat supérieure à l’an passé ».

Ce mercredi, à la suite de l’annonce de cette nouvelle, les réactions sur les réseaux sociaux ont été nombreuses et l’indignation, chez certains, était bien palpable.