Covid-19 en Espagne : les données privées des malades seront transmises à la police et à l’armée

En Espagne, dans la communauté autonome d’Aragon, les forces de l’ordre (armée, police…) recevront désormais les données privées (noms, prénoms, adresses) des personnes atteintes de Covid-19 ou présentant des signes afin de les exhorter à respecter les règles du confinement

Les gouvernements profitent-ils de la crise sanitaire pour imposer à leurs citoyens une surveillance de masse à laquelle ils ne peuvent désormais plus s’échapper? Cette question se pose au moment où plusieurs pays ont récemment cassé leurs tirelires pour s’acheter drones et caméras de reconnaissance faciale afin de lutter contre le virus.

Désormais, les politiques vont plus loin dans leur guerre contre le Covid-19, en transmettant les données privées des personnes malades ou qui présenteraient des symptômes aux forces de l’ordre pour que policiers, gendarmes et militaires puissent leur imposer le confinement.

« Les données seront transmises à l’Education nationale »

Vous n’êtes pas en train de lire un chapitre de « 1984 », célèbre livre de George Orwell. Ceci se passe en plein cœur de l’Europe et plus précisément en Espagne. C’est en tout cas ce que nous apprend le média catalan, Elnacional.cat. D’après cette source, le gouvernement de la communauté autonome d’Aragon envisage de transmettre à l’armée une liste composée des noms, prénoms et adresses de toutes les personnes testées positives ou présentant des symptômes. L’armée, à partir des informations obtenues, pourra vérifier si ces personnes respectent les règles du confinement.

D’après Elnacional.cat, la mesure n’a pas manqué de provoquer l’ire de la population locale mais le gouvernement d’Aragon justifie sa décision par le nombre de plus en plus élevé de cas de Covid-19 et évoque l’Etat d’urgence sanitaire comme argument. Le plus grave dans tout cela est que cette liste de personnes atteintes de Covid-19 ou présentant des symptômes sera transmise aux autorités civiles en charge de l’Education ou d’autres services.

Cette décision, aussi effrayante soit-elle, ne devrait pas surprendre. En effet, à la fin du mois d’août, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avait annoncé sa décision de mettre à la disposition des régions espagnoles des forces armées pour réaliser le traçage. Le premier ministre espagnol a aussi accordé aux mêmes régions la liberté totale d’appliquer le confinement si elles le jugent nécessaire pour freiner la propagation du virus.