Criminalisation de l’homosexualité en Afrique : la chaîne CNN déclare la guerre au Sénégal

A l’instar de l’Ouganda, le Sénégal est désormais clairement dans la ligne de mire des médias occidentaux, notamment américains qui lui reprochent sa politique répressive contre les homosexuels. Et ce, dans un contexte très houleux marqué par une forte opposition à la légalisation de cette pratique dans un pays où les musulmans représentent 95% de la population.

Il faut dire qu’au Sénégal, le débat sur l’homosexualité a pris des proportions beaucoup trop importantes sous le régime du président Macky Sall, accusé par de nombreux activistes de chercher à dérouler l’agenda pro-LGBT dans le pays. Ainsi, ces dernières années, le Sénégal a vu naître de nombreux mouvements criminalisant la pratique et mettant l’Etat dans l’embarras face à la pression de ses partenaires internationaux.

Face à une telle situation, les médias américains tentent de flanquer la trouille au pouvoir en place, en dénonçant le traitement qui est réservé aux homosexuels de ce pays. C’est du moins le constat fait par notre média, Lecourrier-du-soir.com, à la suite des récents articles produits, ce 14 décembre, par CNN, The Washington Post et même l’agence de presse, Reuters, consacrés à la loi sur la criminalisation de l’homosexualité que des députés sénégalais s’apprêtent à faire passer à l’Assemblée nationale.

En effet, dans la presse sénégalaise, des informations ont été fournies sur cette loi très controversée portée par les députés Mamadou lamine Diallo, Cheikh Bamba Dièye, Aliou Souaré, Moustapha Guirassy qui assument totalement leur volonté de punir la pratique dans le pays.

“And Sam Jikko Yi (mouvement anti-LGBT) et les autres initiateurs de la proposition de loi demandent la modification de l’article 319-3 du Code pénal, en remplaçant le terme ‘actes contre nature’ par lesbianisme, homosexualité, bisexualité, transsexualité, intersexualité, zoophilie, nécrophilie et autres pratiques assimilés”, renseigne le média sénégalais Senego.

Et d’ajouter : “les personnes reconnues coupables seront punis de 5 à 10 ans de prison et d’une amende de 500 000 à 5 000 000 FCFA, sans possibilité de bénéficier de circonstance atténuantes. Aussi, l’apologie de ces actes contres natures précités, est puni de 3 à 5 ans d’emprisonnement ferme amende de 500000 à 5000000 FCFA”.

Alertés par des activistes pro-LGBT présents sur place, les médias américains, à l’unisson, se sont dressés contre l’Assemblée dans une attitude qui s’apparente clairement à une déclaration de guerre. Ainsi, dans un article publié ce 14 décembre, la chaîne CNN n’a pas mâché ses mots. “Les députés sénégalais concoctent une nouvelle loi qui vise la communauté LGBT”, a-t-elle titré.

Dans l’article en question, on peut lire : “un groupe de députés sénégalais a préparé une loi qui renforcerait des lois anti-homosexuelles déjà répressives, en prolongeant les peines de prison pour les personnes condamnées”. Dans son papier, le média américain s’indigne de la hausse des “arrestations et des persécutions” à l’encontre de la communauté LGBT dans ce pays.

Mais, étrangement, CNN n’est pas le seul média à tirer la sonnette d’alarme sur cette loi criminalisant l’homosexualité au Sénégal. Aux Etats-Unis, le Washington Post aussi s’invite au débat en publiant, ce 14 décembre, un article intitulé : “les députés sénégalais cherchent à doubler les peines de prison à l’encontre des homosexuels”.

Alerté par la communauté LGBT sénégalaise, le Washington Post a ainsi tendu son micro à des activistes pro-LGBT présents dans ce pays. L’un d’entre eux n’est autre que D. B qui a ostensiblement condamné “les tortures et les incarcérations” dont sont victimes les homosexuels sénégalais.

La loi n’a pas encore été votée par l’Assemblée nationale. Elle le sera très prochainement. Mais, il est évident que la forte pression déjà exercée par la CNN (l’un des plus grands médias progressistes au monde) est un réel danger pour Macky Sall qui risque, si la loi est approuvée, l’ostracisme sur la scène internationale.

Affaire à suivre!