France, les Iraniens ont célébré le 40ème anniversaire de la chute du Chah d’Iran

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(Reportage signé Hamid Enayat)

A 14 h aujourd’hui, la diaspora Iranienne se retrouvait place Denfert-Rochereau, à Paris, pour célébrer le 40ème anniversaire de la chute du Chah d’Iran, intervenue le 8 février 1979. Une occasion pour fustiger une nouvelle le régime des mollahs, tyrans qui ont remplacé le Chah en s’accaparant la révolution populaire d’alors. Depuis, les résistants ne cessent de dénoncer la dictature en exercice. Aujourd’hui, le CNRI, incarnation politique de toutes les oppositions à la théocratie, défile dans les rues de Paris. Il est accompagné de nombreux élus de la république française, de la diaspora Iranienne et d’associations internationales pour les droits humains.

Depuis 40 ans et la prise du pouvoir unilatérale des mollahs, le peuple d’Iran a toujours essayé de combattre l’injustice née d’un nouveau régime tout aussi sanglant que les précédents. A chaque fois, la répression est démesurée. En quarante années de pouvoir, on estime à plus de 120 000 personnes, le nombre d’opposants politiques tués ou exécutés par l’état Iranien. Le régime, honoré en Europe dans un seul but commercial et présenté comme un état modéré, est le triste recordman du monde du nombre de peines de mort infligées. Pour cette seule année 2019, on dénombre déjà plus d’une trentaine d’exécutés au pays. On est loin de la modération affichée sur les prospectus…

Au lendemain de la prise de pouvoir, les opposants ont fondé le Conseil National de la Résistance Iranienne. Depuis, ils s’organisent, devant faire face à la violence de la répression du Vevak (le ministère du renseignement Iranien) et à la partialité des médias ayant pris fait et cause pour la dictature des pasdarans, l’oligarchie des mollahs, entre les mains desquels se trouve aujourd’hui plus de 50 % de l’économie du pays. Au fond, quelle que soit la forme, le but semble toujours être le même ; toujours plus d’argent et toujours plus de pouvoir. Puis, toujours plus de répression pour conserver les deux acquis précédents.

Aujourd’hui, à Paris, le CNRI fait une nouvelle démonstration de la force de son organisation et affiche fièrement quelques uns de ses soutiens. Cette manifestation, non contente de commémorer la chute d’un régime tyrannique, vient en écho aux soulèvements qui se déroulent au pays depuis plus d’un an. Hier, à Ispahan, à Machad et dans d’autres villes, les foules étaient encore regroupées demandant justice et liberté pour les prisonniers politiques, et par extension, pour toutes les populations d’Iran. A l’intérieur du pays comme à l’étranger, la volonté affichée de renverser le régime n’a jamais été aussi prégnante. Le mouvement, bien ancré sur sa base sociale, s’internationalise et devient de plus en plus visible dans le monde entier. La manifestation d’aujourd’hui n’en est qu’un exemple de plus.

Et l’ampleur que prend ce mouvement de fond fait paniquer les mollahs, qui n’hésitent plus à commettre des attentats sur les résistants, où qu’ils se trouvent dans le monde. Depuis 2017, de nombreux pays occidentaux ont du faire face à la folie terroriste des mollahs ; en France, au Danemark, aux Etats-Unis, en Norvège, en Allemagne, en Albanie… Fort heureusement, nombre de ces tentatives ont échoué, grâce à la perspicacité des réseaux de surveillance des services de police et surtout grâce aux alertes données par les réseaux des membres du CNRI. Maryam Radjavi fait le même constat que toutes les chancelleries du monde ; le régime ne peut faire face au renversement en cours. Il pensait pouvoir remédier aux problèmes économiques, mais au contraire, il empire la situation chaque jour. Dès lors, la présidente élue du CNRI en appelle à la l’intelligence des puissances occidentales aujourd’hui trop complaisantes avec le régime des mollahs : « Si vous ne souhaitez pas aider le peuple Iranien dans sa quête de liberté et de démocratie, au moins ne mettez pas en danger la sécurité de vos propres citoyens. Ne laissez pas le régime mettre la main sur les réserves pétrolières du pays. Chaque baril de pétrole que vend ce régime devient un coup de fouet ou une balle tirée sur le peuple Iranien et les peuples de la région. »

Le fait est que la tyrannie au pouvoir s’enferme dans son schéma meurtrier. L’économie du pays est exsangue et les soulèvements du peuple sont plus que légitimes. Tel un vampire, la révolution islamique se nourrit au sang de son peuple. Le sol Iranien est gorgé de ce sang. Un sang pur qui irrigue la foi de la résistance et de toutes les oppositions réunies sous la même bannière aujourd’hui à Paris ; celle de la liberté. Tout simplement.