Infraction : la candidate de Macron pour diriger le gendarme des Télécoms travaillait pour un cabinet de conseil

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La députée Laure de la Raudière, désignée par Macron pour diriger l’Autorité de Régulation des Télécommunications électroniques, des postes et de la distribution (Arcep), a travaillé en 2019 pour un cabinet de conseil alors qu’une loi de 2017 interdit qu’un député débute une activité de conseil à compter de son élection

La candidate de Macron pour diriger l’Arcep est déjà dans de beaux draps. Alors que sa nomination à ce poste est loin de faire l’unanimité, un récent scandale révélé par la presse risque de lui porter préjudice et c’est le média d’investigation Capital.fr qui en est à l’origine.

En effet, d’après Capital.fr, Laure de la Raudière, désignée par Emmanuel Macron pour diriger l’Autorité de Régulation des Télécommunications électroniques, des postes et de la distribution (Arcep), a rejoint en 2019 un cabinet de conseil qui travaille au service des grands opérateurs télécoms. Ce qui pose problème, selon Capital, est que la députée était rémunérée alors que la comptabilité de ce poste avec son mandat parlementaire interroge.

“Laure de La Raudière pénètre la zone grise de la loi sur la confiance”

La même source cite une loi de 2017 sur la confiance dans la vie politique. “Ces éléments posent question au regard de la loi sur la confiance dans la vie politique de 2017. En effet, celle-ci a considérablement durci le champ des incompatibilités entre le mandat de parlementaire et les activités de conseil. Le texte prévoit notamment qu’un député (ou un sénateur), ne peut pas débuter une activité de conseil à compter de son élection”, précise le média.

Capital.fr dit avoir interrogé l’association anticorruption Transparency qui rétorque : “sa situation est légale mais est à la limite de ce qui est permis. Il s’agit d’un cas d’école, non prévu spécifiquement par les textes. En acceptant cette mission, Laure de La Raudière pénètre la zone grise de la loi sur la confiance”.

“Cela me paraît assez surprenant”

Laure de la Raudière se défend en disant avoir obtenu l’approbation par un bureau de l’Assemblée Nationale. “J’ai fait valider formellement la proposition qui m’avait été faite avant de l’accepter”, insiste-t-elle. Capital.fr dit n’avoir pas été en mesure de vérifier cette information.

Rappelons que le choix de Laure de la Raudière pour devenir la première femme à diriger Arcep avait beaucoup fait grincer des dents. Parmi les personnes ayant décrié cette nomination, figure Xavier Niel qui, début janvier , réagissait en ces termes : “nommer à la tête d’une autorité indépendante quelqu’un qui a bossé 15 ans chez Orange, cela me paraît assez surprenant”.