Khalifa Sall condamné, Parrainage douteux : Macky Sall a raté son rendez-vous avec la Démocratie

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(Une analyse du journaliste, Cheikh DIENG)

Khalifa Sall condamné, l’organisation de la présidentielle par Aly Ngouye Ndiaye, ministre de l’Intérieur, décriée par l’opposition, un ex ministre de l’Energie démentant les propos du président sur son départ du gouvernement, un système de parrainage taillé sur mesure et posant un sérieux problème démocratique etc., Macky Sall s’est attiré la foudre des Sénégalais à un mois de l’élection présidentielle.

Cette immense colère venant du peuple devait être un signal fort adressé à tout homme lorgnant notre fauteuil présidentiel. Diriger un pays qui compte quelque 14 millions d’habitants, ce n’est en aucun cas diriger un parti politique. Et c’est malheureusement le sentiment qu’ont de nombreux sénégalais.

La situation que traverse le Sénégal est d’une gravité extrême. La colère de la population a atteint son paroxysme. Dans de nombreux endroits du pays, la mauvaise gestion du pouvoir, entre les mains d’une clique ne se souciant pas du sort du peuple, suscite crainte et préoccupation.

Personnellement, je pensais en 2012 (avec le départ de Maître Wade) que c’était une nouvelle page de notre Histoire qui s’ouvrait. Je n’avais pas placé tous mes espoirs en Macky, contrairement à certains de mes concitoyens, connaissant la fourberie et le caractère volage des dirigeants africains prompts à promettre monts et merveilles mais toujours aux abonnés absents à l’heure de concrétiser les promesses.

A un mois de la présidentielle, j’ose espérer le meilleur pour mon pays. Mais, force est de constater que nous nous dirigeons vers le pire. La classe politique sénégalaise a montré ses limites. En effet, plus de 50 ans après les indépendances, les hommes politiques sénégalais se ridiculisent jour après jour. A la veille de chaque élection présidentielle, ils font toujours preuve d’une incompétence hors norme.

Face au courroux d’une partie de l’opposition qui exige que Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur, se retire de l’organisation de la présidentielle, Macky Sall aurait pu sauver la face en acquiesçant. Faire patte de velours dans un contexte pareil n’est point signe de défaite, mais plutôt de grandeur. Après tout, les revendications de l’opposition ne manquent pas de cohérence. « On ne peut pas être juge et parti », dit l’adage.

Le refus catégorique de retirer Aly Ngouille Ndiaye de l’organisation de la présidentielle couplé avec un système de parrainage plus que suspicieux, laissant penser que le président de la république a choisi ses rivaux pour la présidentielle, pèsent énormément à la veille de cette élection. Si à cela, on ajoute la condamnation de Khalifa Sall prononcé ce 3 janvier, l’équation devient très difficile à résoudre.

Macky Sall a raté une énorme occasion de se réconcilier avec le peuple sénégalais. Les nombreuses erreurs politiques (parrainage, emprisonnement de Khalifa Sall, guerre des mots avec Thierno Alassane Sall sur des contrats de pétrole dans lesquels le nom de Total est cité) se payent cash.

Qu’il prenne exemple de ses deux prédécesseurs, à savoir Abdou Diouf et Abdoulaye Wade. Tous deux avaient pensé avoir acquis la population toute entière à leur cause. Pour eux, une réélection à la tête du pays passe comme une lettre à la poste. Ils ont nourri, à tort, ce sentiment jusqu’au verdict final : celui qui leur a ouvert les yeux en leur faisant comprendre que le peuple avait totalement désapprouvé leurs politiques.

Si Macky Sall ne revient pas sur terre, il risquera à son tour de subir le même sort.

Edito signé : Cheikh DIENG, rédacteur en chef et fondateur du site d’information www.lecourrier-du-soir.com, basé à Paris

Email : cheikhdieng05@gmail.com