Guerre anti-terroriste ou néocolonialisme déguisé : 5 armées occidentales sont déployées en Afrique

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Visite du Président de la République à Gao

La militarisation de l’Afrique subsaharienne est devenue un sérieux problème qui, malheureusement, suscite très peu de débats dans les pays concernés. Depuis 2013, date à laquelle la France a déployé Barkhane au Mali pour faire face au terrorisme qui menaçait ce pays, le processus s’est accéléré. Désormais, l’armée française n’est plus seule dans cette partie du monde appelée le Sahel. D’autres puissances occidentales y ont récemment déployé des troupes.

En effet, le 10 novembre dernier, le média PledgeTimes avait révélé la volonté de la France d’inviter des puissances étrangères au Sahel pour lutter contre le terrorisme. Dans la révélation faite par le média en question, on a appris que cette décision de l’Hexagone s’expliquait par le fait que Paris est en train de s’enliser tout seul dans une guerre de plus en plus difficile aussi bien sur le plan militaire que politique. Un renfort des voisins européens était donc nécessaire pour éviter de perdre une guerre cruciale.

Et l’invitation de Macron n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd car, fin novembre, le média grec Greek City Times a annoncé un déploiement d’une partie de l’armée grecque au Sahel pour soutenir la France. La source n’avait pas mentionné le nombre de soldats grecs qui seront déployés au Mali. Mais, ils seront certainement plusieurs centaines, voire des milliers.

Au-delà de la France et de la Grèce, il y a désormais la Grande-Bretagne, pays qui ne compte aucune ancienne colonie au Sahel. En effet, dans la presse britannique, il a été révélé ce 3 décembre que le Royaume-Uni a déjà entamé un déploiement de 300 militaires au Mali.

D’après le média britannique The Guardian, les troupes britanniques seront déployées dans la localité de Gao, dans l’est du Mali. Justifiant le déploiement de soldats britanniques dans cette partie du continent africain, le général anglais Nick Borton évoque les “conflits violents et une migration sans précédent”.

Il convient de rappeler que le déploiement de ces troupes étrangères au Sahel s’est intensifiée à la suite d’une attaque terroriste qui a visé une caserne militaire occidentale en novembre dernier. Cependant, il est à noter que le projet d’augmenter la présence de troupes européennes avait été planifié depuis un bon moment.

En effet, Lecourrier-du-soir.com a été informé dès le 9 novembre que la France (qui gère le déploiement des troupes occidentales dans cette partie d’Afrique) compte sur Takuba, une force d’élite européenne anti-terroriste dont la mission consistera principalement à appuyer les forces militaires locales. Le déploiement de cette force d’élite pourrait se faire très prochainement.

Donc, en gros, le Sahel abrite désormais des troupes américaines (Africommand), des troupes françaises (Barkhane), des troupes grecques et des troupes britanniques. Je dois aussi ajouter qu’une partie de l’armée espagnole est déjà présente au Mali pour les mêmes raisons.

Face à une telle situation, la question à se poser est celle de savoir si ces troupes occidentales (dont la présence dans cette partie d’Afrique est de plus en plus dénoncée par des souverainistes africains) luttent véritablement contre le terrorisme ou s’ils y sont pour assouvir leurs intérêts géopolitiques, étant donné que le Sahel regorge d’importantes ressources naturelles (pétrole, or, diamant…).

S’il est clair que l’influence grandissante de la Chine dans cette partie d’Afrique représente une sérieuse menace à l’Occident qui ne voudrait surtout pas prendre le contrôle d’une zone juteuse, il est tout de même évident que la militarisation de plus en plus intense de cette zone est une flagrante violation de la souveraineté territoriale de ces pays et il serait temps que cette question soit soulevée car en l’état actuel, cette présence s’apparente clairement à un néocolonialisme sauvage dont les conséquences seraient désastreuses pour les pays concernés.