Mauvaise nouvelle pour Macron : la Russie confirme le projet de partenariat militaire avec l’armée malienne

La Russie confirme la volonté du Mali de coopérer avec Moscou dans la guerre contre le terrorisme dans ce pays

Une très mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron. Alors que des rumeurs sur une éventuelle arrivée de soldats russes au Mali a déjà provoqué un véritable séisme diplomatique entre Bamako et Paris, l’information est confirmée par les autorités russes qui, depuis une semaine, ont préféré gardé le silence.

En effet, tout est parti d’une révélation faite il y a une semaine par l’agence de presse, Reuters qui a fait état d’un contrat entre la junte militaire malienne au pouvoir et la société russe, Wagner. L’objectif d’un tel contrat était, pour le Mali, de faire venir des soldats russes dans ce pays afin de donner un coup de main dans la guerre contre le terrorisme.

Une fois révélée, l’information a fait l’effet d’une bombe en France où Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a immédiatement réagi, lors d’une interview accordée à France Info dans laquelle il a ouvertement menacé de retirer les troupes françaises si Bamako venait à recruter des « mercenaires russes ».

Mais, quelques heures plus tard, en conférence de presse, le premier ministre malien, Chogel Maïga, a lancé un message très clair à Paris, soulignant l’urgence pour le Mali de restaurer sa souveraineté. « On ne peut pas dans une situation où on apprend qu’il y a une attaque quelque part, on a un hélicoptère qu’on veut voler pour aller, on nous l’interdit au motif que cette zone, c’est une zone d’entraînement d’autres forces partenaires. Cette situation ne peut pas continuer. C’était par le passé, mais aujourd’hui, on ne peut pas continuer dans ça”, avait-il martelé.

Et d’ajouter : “on ne peut pas nous interdire d’acheter du matériel avec un pays si on a un accord, parce qu’un autre ne veut pas. On ne peut pas nous empêcher d’envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu’un pays ne veut pas”. Face à la presse, le premier ministre tacle la France sans jamais la citer. “Le terrorisme s’est étendu, l’autorité et la souveraineté de l’Etat n’est pas restaurée partout, les résolutions des Nations-Unies changent chaque année”.

Moins d’une semaine après les déclarations du premier ministre malien, Moscou confirme qu’il y a bien un projet de coopération militaire entre les deux pays. C’est du moins ce que Lecourrier-du-soir.com a appris de l’agence de presse russe, Tass. En effet, d’après cette source, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop et son homologue russe, Sergey Lavrov ont échangé en marge de l’Assemblée Générale des Nations-Unies de ce vendredi.

Une information confirmée par Abdoulaye Diop lui-même qui, face à la presse, dira ceci : « je suis venu rendre visite à mon ami, Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères de la Russie. Le Mali et la Russie sont des amis et des partenaires. Nous avons un partenariat historique de longue date que nous souhaitons renforcer. Nous collaborons dans tous les domaines : développement économique, éducation, culture, sécurité et défense ».

Et d’ajouter : « la Russie est membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Donc, nous voulons que la Russie continue à soutenir les causes maliennes. Donc, voilà les principaux points. Nous sommes juste venus réitérer la volonté du Mali de coopérer avec la Russie et de continuer de nouer des partenariats qui bénéficieront aux intérêts du Mali sur plan sécuritaire ».

Le chef de la diplomatie russe a, à son tour, fait savoir, dans un communiqué, que les deux pays ont abordé la question du terrorisme au Mali. Sur ce, la position de Lavrov est sans ambages : « la question de la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahara et du Sahel a été abordée ».

Quelle sera la réaction de Paris à la suite de cette révélation? Time will tell (le temps nous le dira).