Pass Sanitaire contrôlé dans les trains : ériger les agents de la SNCF en une “Police Sanitaire” est un crime

Une mesure sans précédent qui devrait inquiéter plus d’un.

Il faut dire que dans cette guerre légitime contre le Covid-19 qui se répand comme un feu de brousse dans les quatre coins du monde, l’Etat français ne lésine pas sur les moyens pour traquer et punir les citoyens ne disposant pas d’un Pass Sanitaire. Mais, si la guerre contre le virus est légitime, des mesures illégitimes annoncées ces derniers jours risquent tout de même de fracturer davantage le pays.

En effet, il a été annoncé dans la presse ce jeudi 22 juillet que la SNCF envisage des contrôles aléatoires dans les TGV, les Intercités et des trains de nuit, et ce dès début août. D’après France Info qui donne l’info, “la compagnie ferroviaire a présenté des pistes de réflexion aux partenaires sociaux, en attendant le vote de la loi et la publication des décrets d’application, et penche plutôt pour des contrôles des pass aléatoires et donc non systématiques, par les contrôleurs et d’autres personnels de la SNCF habilités, avec l’appui des forces de l’ordre ou d’agents de la sûreté ferroviaire.”

La source ajoute : “la SNCF étudie aussi la possibilité d’intégrer le pass sanitaire dans la procédure d’achat d’un billet de train, mais, si ce dispositif est un jour mis en place, cela ne sera que dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon les syndicats.” L’information a fait le tour de la toile et a été reprise par plusieurs médias ce 22 juillet.

Les choses sont donc très claires. Dans les jours à venir, les agents de la SNCF, habilités à mener des contrôles tout à fait légitimes sur les billets de transports des usagers, seront transformés en quelque sorte en “police du transport”, exigeant, tel des policiers, aux clients des trains qu’ils leur fournissent leurs données sanitaires.

Et une telle mesure doit inquiéter plus d’un. Car, il y a un peu plus d’une semaine, les restaurateurs et gérants de discothèques avaient également fait part de leur crainte de devoir se substituer à la police nationale, en demandent aux citoyens des informations sur leur état de santé.

Face au tollé suscité par cette mesure inédite, le gouvernement a dû faire marche arrière en annonçant ces dernières heures, par le truchement de Jean Castex, que finalement les restaurateurs n’auront plus à exercer cette lourde tâche dont les conséquences sont désastreuses.

Penchons-nous sur les conséquences d’un contrôle des Pass Sanitaire par les agents de la SNCF et c’est là que nous nous rendons compte que ces derniers sont envoyés à l’abattoir pour effectuer un travail qui ne leur incombe absolument pas. En effet, n’oublions pas que nous sommes en période de vacances et que de nombreux Français, sous la pression des restrictions sanitaires en vigueur depuis plus d’un an, ont envie d’arracher le peu de liberté dont ils disposent en ce moment. S’il leur en reste une!

Il y aura sans aucun doute des fraudes massives de faux Pass Sanitaire comme cela a été constaté ces derniers jours dans des restaurants, des bars ou des boîtes de nuit. La pression sur les agents de la SNCF dont la mission, jusqu’ici consiste à vérifier les billets de transport, s’accentuent.

Désormais, érigés en “Police du Transport”, ils doivent assumer la lourde responsabilité d’imposer des sanctions à des centaines, voire des milliers de vacanciers prêts à mourir pour profiter du peu de liberté qui leur reste en attendant l’arrivée d’une nouvelle vague qui donnera lieu de nouvelles restrictions : interdictions de se déplacer, bars ou restaurants fermés, couvre-feu décrétés. Ce scénario, étant donné la propagation rapide du variant Delta d’après le gouvernement, ne serait qu’une question de temps.

Nul doute que les vaillants agents de la SNCF seront dans les jours qui viennent les cibles privilégiés de violentes agressions et leur imposer de se substituer à la police nationale équivaut à mettre clairement leur vie en danger.

Freiner la propagande du virus est un impératif et il faut des sacrifices communs pour y arriver tous ensemble. Cependant, envoyer au casse-pipe des centaines d’agents pour accomplir une mission pour laquelle ils n’ont certainement pas été formés est un crime qui doit être dénoncé par les agents eux-mêmes.

La réalité actuelle est que dans cette guerre contre le Covid-19, ils sont devenus, à leur corps défendant, des victimes et cela ne devrait pas en être ainsi.