Présidentielle 2022 : avec une dette de 17 millions d’euros, le Parti Socialiste est déjà éliminé

Avec une dette de 17,1 millions d’euros, le Parti Socialiste est dans le coma et sa participation à la présidentielle 2022 n’est plus plus sûre

Le Parti Socialiste (PS) est-il éliminé de la course à la présidentielle avant même que le scrutin ne démarre? Cette question se pose au moment où la formation politique qui a dirigé la France entre 2012 et 2017 traverse une grave crise financière et idéologique qui s’est exacerbée à la suite de la cuisante défaite de son candidat Benoît Hamon qui, lors de la présidentielle de 2017, n’avait récolté que 6%.

En effet, celles et ceux qui suivent l’actualité politique française doivent se rappeler qu’en juillet 2017 peu après l’élection de Macron à la tête de la France, le PS avait défrayé la chronique en annonçant qu’il allait vendre son siège de Solférino, situé en plein cœur de Paris. A l’époque, les ennuis venaient tout juste d’être dévoilés au grand jour. Mais, apparemment, le mal est plus profond qu’on ne le pense.

“Un découvert de 17,1 millions d’euros”

C’est du moins ce que révèle le journal Le Point ce 9 janvier dans un article exclusif entièrement lu par Lecourrier-du-soir.com. En effet, d’après le média français, le PS est à découvert de 17,1 millions d’euros. “Depuis 2012, la dette du PS n’a cessé de s’amplifier, provoquant, comme l’expose la direction socialiste dans ce document de 18 pages, une véritable ‘désorganisation financière’. Si l’emprunt exceptionnel de 12 millions d’euros destiné à financer la campagne de François Hollande a pu être remboursé en trois ans, le PS n’a eu de cesse entre 2010 et 2016 d’avoir recours au découvert bancaire pour assurer son besoin de financement”, note Le Point.

D’après la source, les ennuis du PS ont commencé en 2017 lorsqu’à cette date, le premier secrétaire, Jean-Pierre Cambédélis, avait promis au vainqueur de la primaire un soutien à hauteur de 16 millions d’euros. C’était en fait du pipeau car le parti ne les avait pas. “Au début de la campagne présidentielle, en février 2017, les comptes bancaires du parti affichent un découvert de 17,8 millions d’euros. Benoît Hamon, le candidat désigné, ne peut finalement compter que sur 14,6 millions d’euros de la part de Solférino”, révèle Le Point.

“La dotation du parti s’est effondré en passant de 24,8 millions à 6,1 millions”

La source ajoute que la cuisante défaite du parti lors de la présidentielle de 2017 a accéléré la mort du PS qui subira une véritable hémorragie au niveau des adhérents. 30 000 à 40 000 membres du parti ont ainsi fui la formation politique et les recettes liées aux cotisations de députés et de sénateurs dégringolent de 1,2 million d’euros en 2017 à 500 000 euros en 2018. Pire, faute d’élus, la dotation du parti s’effondre, passant de 24,8 millions d’euros à 6,1 millions d’euros.

Pourtant, pour sauver le parti de la mort, les ténors iront jusqu’à vendre leur siège de Solférino pour un montant de 45,5 millions d’euros. Mais, une telle opération n’arrangera rien. Car 20 millions d’euros seront défalqués de cette somme pour “rembourser le prêt hypothécaire qui a été utilisé pour payer une partie de la campagne de Benoît Hamon, 10 millions serviront à s’offrir le nouveau siège à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, et 3,5 millions financent le plan social engagé en 2017 qui a vu partir 54 salariés”.

A un an d’une présidentielle cruciale pour le parti, Olivier Faure, le chef de file du PS, tente de minimiser la gravité de la crise financière qui fragilise la formation politique en rassurant ses adhérents que le PS a bien les moyens financiers pour tenir une campagne présidentielle. Cependant, la comptabilité dit tout le contraire. Le PS est au bord du gouffre et n’aurait plus les moyens financiers pour compétir en 2022.