Réforme des retraites adopté en plein confinement : osons dire les choses : c’est un coup d’Etat contre le peuple

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Un nouveau palier vient d’être franchi dans ce mépris envers le peuple français. Certains analystes politiques parleront d’un coup bas asséné à la Démocratie. D’autres plus téméraires (et dont je fais partie) parleront ouvertement d’un coup d’Etat contre le peuple et tous les condiments sont réunis pour justifier l’usage d’une telle expression.

En effet, en plein confinement, alors que toutes les libertés individuelles des citoyens français sont suspendues jusqu’au 16 février 2021 au moins, le peuple apprend, à sa grande surprise, que l’une des réformes les plus controversées du mandat d’Emmanuel Macron a été adoptée par le Sénat.

Très peu d’informations nous est disponible en ce moment. En tout cas, tout ce que l’on sait jusqu’ici est que la réforme des retraites a été approuvée par des élus de droite et du centre pendant qu’une partie du peuple subit un confinement qui s’apparente plus à une assignation à résidence.

D’après Public Sénat, 200 sénateurs ont voté pour et 118 l’ont rejetée. Nous savons aussi que l’un des arguments brandis par les sénateurs de droite et centristes qui ont fait passer la réforme en catimini est de repousser progressivement l’âge légal de retraite jusqu’à 63 ans en 2025 et allonger la durée de cotisation pour atteindre 43 annuités dès la génération 1965.

Ce dimanche matin, l’adoption de la réforme des retraites (très largement rejetée par les Français et qui, en décembre dernier, avait bloqué le pays pendant au moins quatre semaines) fait débat. Sur les réseaux sociaux, les réaction sont légion et l’amertume des Français pour une fois peut se comprendre.

Mais, ce qui est gravissime avec cette démarche unilatérale dans laquelle le peuple n’a pas été associé (alors que c’est son destin qui est en jeu) est que dans la tête d’une grande partie de l’élite politique française, le peuple n’existe plus. Donc, lui demander son avis dans des décisions qui pourtant le concernent directement ne sert plus à rien s’il y a des technocrates (qui se gavent de l’argent public) pour le faire à sa place.

Ce qui vient de se produire est d’une gravité extrême car les conditions dans lesquelles a eu lieu ce vote sont scandaleuses. D’abord, une poignée de technocrates valide une décision impopulaire au moment où le peuple est confiné. Et ensuite, ce vote organisé dans la plus grande discrétion et surtout un soir de week-end (au moment où les Français dans leur immense majorité polémiquent sur l’éventuelle censure ou non d’un documentaire controversé) confirme l’idée d’un coup d’Etat institutionnel prémédité contre le peuple.

Il est déplorable de constater qu’on assiste à une énième gifle infligée au peuple et c’est d’autant plus scandaleux qu’en février 2020, l’Etat, pour faire passer sa réforme des retraites décriée et rejetée par les Français, n’avait pas hésité à recourir au redoutable article de la Constitution : le 49.3. Le débat était ainsi tranché et le pouvoir venait, par l’activation du 49.3, de faire comprendre au peuple qu’il ne sert plus à rien.

Ce qui est regrettable dans tout cela est qu’on prive au peuple de son droit le plus fondamental qui lui est pourtant garanti par la Constitution : celui de manifester. Ce samedi soir, les sénateurs ont certainement pris ce facteur en compte au moment de le poignarder dans le dos sachant qu’en plein confinement il est totalement ligoté et n’a plus les moyens de contester quoi que ce soit en raison d’une série de restrictions qui ont fini par le bâillonner.

Le mode opératoire totalitaire de ces sénateurs est la preuve que la crise sanitaire, qu’on le veuille ou pas, est une aubaine qui, comme par magie, est tombée entre les mains d’un groupuscule de despotes qui s’en servent pour dérouler leur agenda sans tenir compte de l’avis de leurs administrés dont ils se foutent royalement.

Ces coups bas infligés au peuple ne s’arrêteront que lorsque celui-ci se sera révolté pour dire halte. Et il y a malheureusement de très forte chance que les choses finissent ainsi car là, ça va trop loin.

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