Syrie : la chute de Bachar al-Assad est-elle proche ?

Qui sauvera Bachar al-Assad d’une chute imminente ? Le président syrien peut certes se réjouir d’avoir pu, contre vents et marées, diriger son pays en pleine guerre civile depuis bientôt huit ans, mais il a désormais toutes les raisons du monde de s’inquiéter. Je vous dis ceci : cette guerre civile syrienne risque de virer au drame, avec la chute éventuelle de Bachar Al-Assad qui sera renversé par les forces occidentales.

Je me permets de faire cette analyse après avoir suivi de près l’évolution de la situation syrienne de ces derniers mois. Une situation qui, il faut le dire, préoccupe davantage. En effet, tout est parti d’une attaque chimique perpétrée ces derniers jours. Les faits se sont déroulés dans la localité de Douma (en Syrie), une zone contrôlée par les rebelles anti-Bachar. Pour le moment, difficile de tirer le bilan des victimes de cette attaque. Mais, pour l’Organisation Mondiale de la Santé, il y aurait plus de 500 morts.

Ce qui est encore plus préoccupant est que sans disposer de preuves, l’Occident semble avoir déjà trouvé l’auteur de cette attaque : Bachar Al-Assad. D’ailleurs, le président américain, Donald Trump, de plus en plus impopulaire dans son pays, a traité le président syrien d’ « animal ».

D’ailleurs, Son twitte de ce 8 avril voulait tout dire : « plusieurs morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque chimique en Syrie (…). Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables en soutenant l’animal Assad ». Et Trump n’en finit pas car ce jeudi 12 avril, le 45ème président des Etats-Unis a, une nouvelle fois, brandi de nouvelles menaces contre Bachar Al-Assad.

« Je ne dis pas quand se produira une attaque contre la Syrie. Cela pourrait se produire très bientôt. Dans tous les cas, les Etats-Unis, sous mon administration, ont fait un formidable travail en débarrassant la région du groupe Etat Islamique. Où est notre : ‘Merci l’Amérique ?’ », a-t-il twitté.

Je fais remarquer qu’immédiatement après cette attaque (que je condamne fermement), il s’en est suivi un acharnement médiatique sans précédent contre le gouvernement syrien. En Occident, tous les médias (ou presque tous) ont pointé du doigt la responsabilité de Bachar al-Assad, sans jamais fournir aucune preuve tangible. Et ces 48 heures, la mobilisation des chancelleries occidentales est simplement spectaculaire.

En effet, aux Etats-Unis, Donald Trump a annulé sa tournée qui devait le mener en Amérique Latine depuis l’annonce de l’attaque chimique. Il faut dire que le locataire de la Maison Blanche, malmené par les services de renseignement et la Justice américaine pour ses liens avec la Russie, joue son va-tout pour séduire l’establishment et rebondir dans les sondages. On s’attend à une intervention militaire de sa part contre la Syrie tel que l’ont annoncé les médias américains ces dernières heures.

D’après Bloomberg, James Mattis, ministre américain de la défense et des membres de la Sécurité Nationale se sont réunis ce mercredi. Dans l’entourage de Trump, les discussions sont très avancées et toutes les options sont sur la table. « Nous maintenons l’idée que nous avons plusieurs options et que ces options sont toujours sur la table », a fait savoir Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l’administration Trump.

En France, le président Emmanuel Macron est sur la même longueur d’onde. Le président français a d’ailleurs annoncé que si jamais son pays venait à intervenir en Syrie, elle ne s’attaquerait qu’à des cibles bien définies, autrement dit les « capacités chimiques » de ce pays.

En Grande-Bretagne, une mobilisation impressionnante est en cours. Ce jeudi, Theresa May, première ministre du pays, également très malmenée par les dirigeants européens qui lui ont rendu la vie dure ces derniers mois dans les négociations sur le Brexit, cherche à se racheter auprès des Britanniques sous le choc depuis la victoire du « Oui » au référendum de 2016. A mon niveau, je ne vois pas ce que pourrait lui apporter une intervention en Syrie.

Je tiens à souligner que ce jeudi, la première ministre britannique a convoqué son cabinet pour une réunion d’urgence sur la question syrienne. D’ailleurs, les discussions sont très avancées du côté britannique, car, à en croire la BBC, Theresa May prépare une attaque militaire contre Bachar al-Assad sans passer par le Parlement.

Alors, que reste-il à Bachar al-Assad comme soutien pour se maintenir au pouvoir ? Rappelons que le président syrien jouit toujours du soutien de la Russie et de l’Iran. Mais pour combien de temps ? Pour le moment, la Russie, principal allié de la Syrie, est contre toute intervention militaire dans ce pays et n’a cessé de le rappeler.

« Nous croyons encore qu’il est nécessaire d’éviter toute décision qui pourrait favoriser une escalade des tensions en Syrie. Nous croyons que ceci risque d’avoir un effet dévasteur sur la Syrie toute entière », a martelé Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin. Quant à Vladimir Poutine, il a rappelé les occidentaux à la retenue, mettant en garde contre toute provocation.

Il faut dire que l’équation est devenue très complexe depuis l’entrée en matière d’Israël dans le conflit. Disant craindre une éventuelle attaque nucléaire en provenance de l’Iran (qui en réalité ne représente aucune menace pour l’Etat hébreux), Israël a fini par trouver le bouc émissaire pour mener des frappes préventives contre la Syrie. Ces fappes israéliennes, jadis niées par les Occidentaux, sont devenues un secret de polichinelle. Dans la presse occidentale et israélienne, plus personne ne nie l’implication d’Israël dans la guerre en Syrie.

Je suis arrivé à la conclusion que Bachar doit son salut à la Russie de Poutine et à l’Iran. Deux puissances militaires qui, ces dernières années, ont refusé catégoriquement de lâcher le président syrien, empêchant ainsi aux Etats-Unis et à ses alliées de mener une guerre dont le seul gagnant sera l’Etat d’Israël.

Toutefois, face au refus catégorique de ces deux puissances de laisser tomber le président syrien, les Occidentaux, avec à leur tête les Etats-Unis, veulent désormais faire un forcing en suivant à la lettre le même modus operandi que celui des armes de destruction massives qui avaient fait tomber Saddam Hussein.

L’Occident a pendant plus de sept ans essayé de tâter le pouls pour voir si la cible (la Syrie) était suffisamment « mûre » pour être attaquée. Ce qui semble désormais être le cas. Je pense sérieusement (et j’espère me tromper) que la prochaine attaque, tant attendue par Israël, fera tomber Bachar et installera définitivement le chaos dans ce pays.

Edito signé : Cheikh Tidiane DIENG, Rédacteur en chef et fondateur du site d’information www.lecourrier-du-soir.com

Email : cheikhdieng05@gmail.com