Terrible nouvelle pour Macron : le Mali accuse la France de fournir des armes aux terroristes et saisit l’ONU

Dans une lettre datée du 15 août et consultée par Lecourrier-du-soir.com, le Gouvernement du Mali accuse la France de livrer des armes et des renseignements aux groupes terroristes opérant au Nord du Mali. Des accusations extrêmement graves balayées d’un revers de main par un haut gradé de l’armée française qui les qualifie d'”insultantes”

Un nouveau bras de fer entre le Mali et la France. Au bout de deux ans au pouvoir, la junte militaire malienne ne cache plus son mépris envers l’Etat français qu’il accuse désormais de soutenir les terroristes au Nord Mali. Et ce, après avoir chassé les dernières troupes françaises déployées dans ce pays.

C’est en tout cas l’information que Lecourrier-du-soir.com a apprise ce 17 août de plusieurs sources fiables dont Le Monde. En effet, d’après ce média, ce 15 août, le Mali a adressé une lettre au président du Conseil de Sécurité de l’ONU accusant, sans fournir de preuve, la France d’armer les terroristes.

“Dans une lettre adressée lundi 15 août au président (tournant) du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur chinois Zhang Jun, Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne, a multiplié les accusations à l’encontre de la France. Le même jour, au nord du Mali, le dernier soldat de l’opération ‘Barkhane’ quittait la base de Gao après plus de neuf années d’interventions menées au nom de la lutte antiterroriste”, renseigne la source.

Dans son travail d’investigation, Lecourrier-du-soir.com a pu retrouver la lettre dans sa version originale et les accusations portées contre la France sont hallucinantes. Ainsi, après avoir énuméré plusieurs cas de violations de son espace aérien par la France, le ministère malien des Affaires étrangères dit avoir obtenu des preuves irréfutables mettant en cause Paris.

“Le gouvernement du Mali dispose de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes de l’espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions”, révèle l’Etat malien.

Et d’ajouter : “au regard du droit international, le Gouvernement du Mali estiment que ces actes de la France constituent une agression, qui est définie, selon la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée générale des Nations-Unies du 14 décembre 1974 comme ‘l’emploi de la force armée par un Etat contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre Etat ou de toute autre manière incompatible avec la Charte des Nations-Unies…'”.

Le Mali invite le Conseil de Sécurité des Nations-Unies à ouvrir une enquête et prévient : “en cas de persistance dans cette posture qui porte atteinte à la stabilité et à la sécurité de notre pays, le Gouvernement du Mali se réverse le droit de faire usage de la légitime défense, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations-Unies”.

Les accusations de la junte malienne ne sont pas restées sans réponse. Car, ce 17 août, interrogé par la RFI (Radio France Internationale), le général français Bruno Baratz a fait part de son indignation. Il ne mâche pas ses mots. Pour lui, ces accusations sont “insultantes”.

“Pour nous, militaires français, qui avons toujours été transparents des autorités maliennes, nous trouvons que c’est insultant pour la mémoire de nos 59 camarades qui sont tombés en se battant pour le Mali, et également pour la mémoire des Maliens qui se sont battus à nos côtés, mais aussi des personnels de la Minusma, des forces africaines de la Minusma qui sont tombées en luttant contre le terrorisme”, a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : “c’est un petit peu insultant de leur part, parce qu’effectivement, nous avons tout fait pour nous battre jusqu’au bout. Même au moment du désengagement, il y avait eu un accrochage entre le personnel de la 13e DBLE et un groupe de l’EIGS, faisant deux morts dans les rangs de l’EIGS. C’est étonnant de nous accuser aujourd’hui d’appuyer et de soutenir le terrorisme.”

Ci-dessous la lettre intégrale du Gouvernement du Mali