Crise financière : l’Etat débloque 10 milliards pour l’aéronautique et veut un retour de la taxe carbone

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L’Etat va mobiliser 10 milliards d’euros d’aides destinés à l’aéronautique, un secteur très touché par la crise financière, mais exige des contreparties et n’exclut pas le retour de la taxe carbone gelée depuis la crise des Gilets Jaunes 

Après Air France et Renault, c’est autour de l’aéronautique de recevoir des milliards d’aides en provenance de l’Etat. En effet, en pleine crise financière et au moment où le gouvernement prépare les Français psychologiquement à faire face à la prochaine vague de licenciements, certains secteurs, parce que “too big to fail” comme diraient les Américains, doivent être sauvés à tout prix.

Ainsi, après les 7 milliards d’euros accordés à Air France et les 5 milliards d’euros de prêt garanti à Renault, l’Etat se penche sur le sort de l’aéronautique, un secteur qui compte quelque 195.000 salariés et qui n’a pas non plus échappé à la crise financière qui a mis l’économie mondiale à genoux.

Pour éviter qu’un secteur clé de l’économie française ne fasse faillite, l’Etat ne lésine pas sur les moyens : 10 milliards d’euros d’aides sont ainsi envisagés, comme le révèle Les Echos. Une information confirmée par plusieurs sources dont Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, qui a fait savoir dans un twitte que l’annonce de ce plan de relance sera fait ce mardi 8 juin.

“Retour de la taxe carbone sur la table”

Dans la presse, on a appris que le plan de relance du secteur aura trois objectifs : faire repartir le trafic aérien, s’assurer que les effets immédiats et massifs de la crise ont été amortis et relancer l’activité. En pompant le secteur à coup de plusieurs milliards de dollars, l’Etat attend des contreparties de la part du secteur aéronautique à qui il demande de relocaliser une partie du travail.

C’est en tout ce qu’a déclaré Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat aux transports. “Il est évident que si l’Etat français, si l’Union Européenne investit très fortement pour soutenir d’abord l’emploi, et se crée des avantages pour les dix ans qui viennent, nous demandons à ce qu’une partie de l’activité soit localisée, quand elle est nouvelle, où relocalisée”, a-t-il fait savoir, ajoutant qu’il est favorable à un retour de la très controversée taxe carbone au niveau européen.