France : le lobbyiste de Big Pharma chargé de diriger la campagne de vaccination a été limogé par Macron

Louis-Charles Viossat, “Monsieur Vaccin” de l’Elysée et grand lobbyiste de Big Pharma, a été limogé par Emmanuel Macron moins d’une semaine après les révélations du journal Lecourrier-du-soir.com sur son passé trouble. Il est désormais remplacé par le professeur Alain Fischer

Sa récente surmédiatisation a été sans aucun doute à l’origine de son limogeage. Louis-Charles Viossat qui, jusqu’à tout récemment, a été le “Monsieur Vaccin” du gouvernement français qui lui avait confié la mission de diriger la campagne de vaccination contre le Coronavirus qui doit démarrer dans les jours qui viennent en France.

Surprise générale, ce 4 décembre, on a appris dans la presse que le nouveau “Monsieur Vaccin” du gouvernement n’est autre qu’Alain Fisher, professeur d’immunologie. Jusqu’ici méconnu du grand public, le professeur a été présenté aux Français par le premier ministre, Jean Castex.

“Auprès du ministre des solidarités et de la santé, sera créé un conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, chargé d’appuyer le Gouvernement dans les choix qu’il sera conduit à faire en la matière. (…) J’ai demandé au professeur Alain Fischer de présider ce conseil d’orientation”, a déclaré le premier ministre. Désormais, c’est lui qui devra se charger d’organiser une campagne de vaccination massive inédite dans l’Histoire moderne de la France.
“Un CV impressionnant mais pas rassurant”
Mais, entre-temps, il y a une question qui mérite d’être posée : que devient Louis-Charles Viossat? Et bien, il a été limogé par Emmanuel Macron en raison d’un CV controversé et en raison de son passé de lobbyiste. En effet, à la date du 25 novembre, Lecourrier-du-soir.com avait consacré un papier à ce richissime bourgeois parisien connu comme étant un grand lobbyiste de Big Pharma. 

Pourtant, son carnet d’adresse très lourd doit lui ouvrir toutes les portes. Rappelons qu’en 2002 sous Jacques Chirac, il fut directeur de cabinet de François Mattet, à l’époque ministre de la Santé. Aujourd’hui, il préside le Centre Inffo, association qui “propose aux professionnels de l’orientation, de l’apprentissage et de la formation professionnelle une expertise juridique, une offre de formation et une information sur mesure et spécialisée”. Il a aussi travaillé pour la Banque Mondiale.

“Un lobbyiste au passé trouble”

Cependant, en dépit de son CV impressionnant, son nom a pourtant été cité dans des scandales. Ainsi, lors de la forte canicule de 2003, il avait indigné plus d’un par son absence, restant en vacances. C’est aussi lui qui a façonné le CPE (Contrat de Première Embauche) qui avait suscité un vif tollé en France en 2006. Et ce n’est pas tout. Son nom a aussi été cité dans le scandale Médiator.

Et quand on creuse un peu, on peut facilement trouver des informations compromettantes. C’est d’ailleurs ce qu’a fait le média Le Courrier des Stratèges qui a révélé dans un article paru ce 24 novembre que Louis-Charles Viossat est un lobbyiste de Big Pharma. D’après cette source, Viossat a travaillé pour le laboratoire américain Abott, devenu Abbvie pendant 5 ans. Il a également fait du lobbying pour le laboratoire Lilly. Louis-Charles Viossat est aussi un ami intime de Bruno Le Maire, actuel ministre de l’Economie, qui assiste à toutes ses fêtes d’anniversaire.

“Et puis, Soudain, “Monsieur Vaccin” a disparu des radars”

Craignant un risque de conflit d’intérêts, Macron a certainement jugé bon de se débarrasser de ce poids lourd d’autant plus que son passé trouble commençait déjà à être dévoilé dans la presse. Pour le virer de son poste de “Monsieur Vaccin”, le gouvernement a ainsi minutieusement mené une opération secrète dont les dessous ont été évoquées le 2 décembre par Le Monde.
Parlant du limogeage de Louis-Charles Viossat, le journal français avait préféré jouer la carte de la prudence décrivant la situation en ces termes : “cet énarque de 56 ans, choisi à la mi-octobre par l’Elysée et Matignon, devait organiser l’énorme chantier de la stratégie vaccinale contre le Covid-19. Il s’est donc tout de suite mis à l’ouvrage, recevant dès le 2 novembre les représentants des laboratoires, puis les syndicats de médecins, recensant sur tout le territoire les réfrigérateurs susceptibles de conserver à très basse température les nouveaux vaccins, réfléchissant aux populations prioritaires à protéger. Et puis, soudain, « Monsieur vaccin » a disparu des radars”.
Non, il n’a pas disparu. Il a été limogé par Emmanuel Macron.