Exil forcé à Jérusalem Est : Israël est en train de déporter des milliers de Palestiniens hors de la Palestine

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Le gouvernement israélien est en train de déporter des populations arabes vivant à Jérusalem Est. Une pratique dénoncée par des organisations de défense des droits de l’homme 

Une politique de déportation déguisée qui indigne les militants des droits de l’homme. Environ 14 200 Palestiniens vivant à Jérusalem Est ont perdu leur carte de résident ou ont été forcés à l’exil par l’Etat d’Israël qui a pris le contrôle total de la zone depuis la guerre de 1967.

C’est le constat amer qui a été fait par le média qatari Al-jazeera qui nous apprend dans un article paru ce 28 septembre que le statut de “résident permanent” a été accordé aux populations arabes vivant à Jérusalem Est à la suite de la guerre 1967 à l’issue de laquelle la loi israélienne s’applique totalement dans cette partie du pays.

“55% des logements de Palestiniens de Jérusalem Est ont été démolis”

Le média ajoute que les Palestiniens vivant à Jérusalem Est n’ont pas droit à la nationalité israélienne et ne peuvent, non plus, pas obtenir un passeport palestinien délivré par l’Autorité Palestinienne. Seuls des documents de voyage temporaires leur sont fournis par les autorités israéliennes ou jordaniennes.

Pour prendre le contrôle total de la zone, l’Etat d’Israël non seulement procède à la révocation de la carte de résident aux Arabes nés à Jérusalem Est, mais leurs logements sont souvent démolis afin de les forcer à l’exil. D’après Al-Jazeera qui cite un rapport de l’ONU, entre janvier et août 2020, le nombre de Palestiniens forcés à l’exil a quadruplé et la démolition de leurs demeures a connu une hausse de 55%.

Al-Jazeera a également fait remarquer dans son papier que le permis de résidence est à jour tant que les Palestiniens gardent une présence physique dans la cité. Mais, ils peuvent perdre ce document administratif qui leur permet d’être en règle et de travailler s’il se trouve qu’ils sont des dissidents politiques.

“Salah Hammouri, citoyen français menacé de déchéance de sa carte de résident”

Les Arabes victimes de cette mesure sont légion et le dernier en date est Salah Hammouri, jeune avocat âgé de 35 ans et menacé d’expulsion par le ministre israélien de l’Intérieur, Arye Deri, qui l’accuse d’être militant au sein du Front de Libération de la Palestine, mouvement déclaré hors-la-loi par l’Etat hébreux.

Le cas de Salah Hammouri doit attirer l’attention de tous les médias du monde. En effet, né d’une mère française et d’un père palestinien, Hammouri est détenteur de la nationalité française. Aujourd’hui, il refuse d’être expulsé vers la France (comme voulu par les autorités israéliennes) et revendique le droit de vivre sur sa terre natale.

D’après la femme de Hammouri qui a contacté Lecourrier-du-soir.com via Twitter, son mari a passé 8 années en prison et a été incarcéré cinq fois. Il est actuellement libre et n’est pas interdit de fouler le sol français. Cependant, des associations et diplomates se mobilisent pour que la justice israélienne suspende la procédure de retrait de sa carte de résident.

“Des Palestiniens de la Bande de Gaza aussi déportés”

Il convient de souligner que cette pratique qui consiste à révoquer le statut de résident à des populations arabes vivant en Palestine ne date pas d’hier. En effet, dans un rapport de Human Rights Watch de 2017, l’organisation internationale avait fait état de 14 595 révocations à Jérusalem Est avant de dénoncer un système “discriminatoire”. “Le système discriminatoire pousse de nombreux Palestiniens à quitter leur ville natale dans une pratique qui rassemble à un transfert forcé, ce qui constitue une grave violation du droit international”, déplorait Human Rights Watch.

Il convient de noter qu’un article de notre média Lecourrier-du-soir.com daté du 20 août 2019 avait révélé le projet du gouvernement de Benjamin Netanyahou de trouver des pays arabes et européens pour accueillir des Palestiniens en provenance de la Bande de Gaza. L’information avait été reprise par Jerusalem Post qui indiquait, à l’époque, que le gouvernement israélien était d’ailleurs prêt à payer le billet d’avion pour ces Palestiniens qui voudraient partir vivre dans un autre pays.