Affaire Fillon et Affaire Kohler : en une semaine, la crédibilité de la justice, sous Macron, s’est totalement effondrée

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La crédibilité de la justice ne tient désormais qu’à un fil. Après la dernière révélation sur l’Affaire Fillon et celle de Médiapart sur l’Affaire Kohler, la justice française, sous Emmanuel Macron, est très fragilisée et risque de perdre le peu de crédibilité que le peuple lui accordait jusqu’ici.

En effet, deux révélations majeures ont, en une semaine, porté un coup de massue à l’institution : la révélation faite par Eliane Houlette, ex procureure national financier (PNF) et celle faite par Médiapart, journal d’investigation qui a défrayé la chronique ces dernières heures en révélant les dessous de l’Affaire Alexis Kohler, actuel secrétaire général de l’Elysée.

Dans la première révélation, celle liée à l’Affaire Fillon, Eliane Houlette, lors d’une commission parlementaire ce 10 juin, dit avoir subi des pressions de sa hiérarchie pour accélérer le dossier avec probablement comme unique objectif de faire tomber François Fillon, en pleine campagne présidentielle, au profit d’Emmanuel Macron.

Dans la seconde révélation, celle liée à l’Affaire Kohler, Médiapart a lâché une grosse bombe en pleine crise socio-politique, publiant une lettre de Macron datée du 1er juillet 2019 et dans laquelle le chef de l’Etat tentait de rassurer Alexis Kohler sur l’enquête qui le visait concernant une affaire de conflit d’intérêts. D’après Médiapart, cette lettre de Macron a complètement changé la donne car un mois plus tard, le dossier sera classé sans suite.

Dans les deux cas, nous avons affaire à une affaire judiciaire. Et dans les deux cas, la justice, qu’on le veuille ou pas, n’a pas été à la hauteur. D’une part, un candidat a été éliminé de la course à la présidentielle en 2017 pour avoir représenté une menace au candidat du système et de l’autre, un proche du président a été acquitté après une lettre publiée par ce dernier.

Quelle leçon tire-t-on de ces deux cas? Je peux dire sans risque de me tromper que la justice reste le socle de toute démocratie et la France en est une. Sauf que quand une justice agit pour sauver les plus forts et clouer au pilori les plus faibles, il n’y a aucun doute qu’on se dirige tout droit vers la fin de l’Etat de droit. C’est d’autant plus grave que ces deux révélations interviennent dans un contexte extrêmement sensible où la France traverse une crise politico-sociale sans précédent.

Dans l’Affaire Fillon et Kohler, il a été clair qu’il y avait bien une volonté d’inculper l’un et de disculper l’autre. Et c’est cela qui est inquiétant. A partir de ce constat, s’établit l’idée que la justice française, dans ses décisions, est devenue une justice sélective qui punit avec la dernière énergie celles et ceux qui représentent une menace pour le pouvoir, mais ferme complètement les yeux lorsque les chouchous du système commettent des délits qui méritent une ferme condamnation judiciaire.

Et Macron dans tout cela? L’image du président de la République est souillée. Le chef de l’Etat est fragilisé car dans les deux cas, son nom est cité. Dans l’Affaire Fillon, tout laisse à croire que le candidat de Droite a été sacrifié pour baliser la voie à une élection de Macron qui, en aucun cas, ne pouvait perdre les élections face à Marine Le Pen.

D’ailleurs, le fait que le président ait saisi le Conseil Supérieur de la Magistrature sur le fonctionnement de la Justice, prouve à quel point il est gêné par la révélation d’Eliane Houlette. Toutefois, cela ne pouvait pas en être autrement. Car, s’il ne l’avait pas fait, il aurait confirmé l’hypothèse que son élection en 2017 lui a été offerte sur un plateau d’argent.

Dans l’Affaire Kohler, la situation du président de la République devient plus compliquée car il a lui-même adressé une lettre pour calmer celui qui est devenu aujourd’hui son bras droit à l’Elysée alors que, d’après Médiapart, Alexis Kohler a été très accablé par la publication d’un premier rapport sur ce dossier. En conséquence, sans l’intervention de Macron, l’actuel secrétaire général de l’Elysée n’aurait probablement pas occupé ce poste.

Ces deux affaires nous mènent à la conclusion que si à la colère sociale, s’ajoute l’hypothèse de plus en plus crédible que la justice est totalement entre les mains du pouvoir qui l’utilise comme un instrument pour punir ou récompenser les fidèles serviteurs du système, là, il y a lieu de s’inquiéter. Je ne dis pas que c’est le cas et mais il est évident qu’à la suite de ces deux révélations, l’indépendance de la justice, sous Macron, est sérieusement remise en cause.

Aussi forte soit-elle, une démocratie se meurt s’il y a télescopage entre la politique et la justice.