Coup d’Etat en Birmanie : après avoir versé 257 millions dollars à la junte militaire, Total refuse de quitter le pays

Total refuse de quitter la Birmanie malgré la pression faite par des ONG qui lui demandent de cesser de financer les putschistes 

La France citée dans le coup d’Etat de Birmanie. Cette fois-ci, ce n’est pas le gouvernement français qui est directement mis en cause, mais plutôt l’entreprise pétrolière et gazière privée, Total, dont l’existence est cruciale pour l’Etat français. Depuis février dernier, date à laquelle un coup d’Etat militaire a eu lieu pour défaire Aung San Suu Kyi, des activistes anti-junte, qui dénoncent vigoureusement le putsch du 1er février 2021, s’attaquent à des multinationales étrangères qu’ils accusent de financer les putschistes. Parmi elles, figure Total.

Ainsi, dans un communiqué rendu public le 8 février dernier lu par Lecourrier-du-soir.com, l’organisation Justice For Myanmar s’est directement attaquée à Total l’accusant d’avoir versé 257 millions de dollars de taxes à l’Etat birman en 2019. Dans le même communiqué, Justice For Myanmar ajoute : “Total serait la plus grosse source de revenus du régime militaire”.

Toujours d’après l’organisation, les taxes payées par Total sont versées au ministère des Finances qui les verse à la compagnie nationale Myanmar Oil and Gas Entreprise (MOGE) contrôlé par l’Etat. Depuis la publication de ce communiqué, les activistes n’ont cessé de faire pression sur Total pour qu’il arrête de financer les juntes au pouvoir.

Mais, la multinationale française dont les activités en Birmanie ont connu un franc succès refuse catégoriquement de quitter le pays contrairement au Mozambique où elle a ordonné l’évacuation de son site gazier. Total évoque des raisons humanitaires. Ainsi, dans un message posté sur Twitter, le PDG, Patrick Pouyanné, explique tout.

“Nous sommes révoltés par la répression à Myanmar. En tant qu’entreprise, nous n’avons pas le droit d’exposer nos employés birmans au travail forcé ou à la prison, ni à couper l’électricité des milliers de gens”, s’est-il justifié.

“La junte militaire, à la recherche d’une légitimité internationale”

Il convient de souligner que depuis leur arrivée au pouvoir, les putschistes font tout pour obtenir une légitimité auprès de la communauté internationale. D’ailleurs, en mars dernier, il a été révélé dans la presse que la junte avait versé 2 millions de dollars à Dickens et Madson, agence de communication appartenant au richissime lobbyiste juif Ari Ben-Menashe.

D’après Times Of Israel qui donne l’information, le richissime lobbyiste juif aura pour mission de faire la promotion du nouveau régime auprès de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, de l’Etat d’Israël, de la Russie, de l’ONU, de l’Union Africaine et d’autres grandes puissances du monde. Toujours selon la même source, l’entreprise de Ben-Menashe a signé le contrat avec la junte militaire le 4 mars.

La mission du lobbyiste israélien s’annonce d’ores et déjà assez compliqué au moment où la Birmanie, secouée par d’importantes protestations, vit une véritable révolution. Plus de 500 personnes ont été tuées depuis le début de la crise et environ 2 000 manifestants ont été arrêtés par les putschistes.