Présidentielle 2022 : si les Français acceptent le vote électronique par anticipation, l’élection sera volée

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(Cet édito est rédigé par Cheikh DIENG, rédacteur en chef du Courrier-du-soir.com qui vient de sortir son livre : “Covid-19 : le monde d’après sera une dictature)

Très bonne lecture!

Et si la pandémie était une immense opportunité pour tout imposer? Après avoir obtenu pour la sixième fois d’affilée un prolongement de l’état d’urgence sanitaire qui accorde à Emmanuel Macron et à son gouvernement tous les pouvoirs pour décider du destin des Français, désormais, l’Exécutif évoque la possibilité d’un vote par anticipation.

En gros, il s’agira de permettre à des millions d’électeurs français de pouvoir se rendre dans un bureau équipé d’une machine à voter pour s’acquitter de leur devoir citoyen. L’idée en soi est assez intéressante car, selon l’Elysée, il s’agit de lutter contre l’abstention en numérisant le vote comme cela se fait aux Etats-Unis.

Mais, au fond, la méthode choisie par l’Exécutif est assez douteuse. En effet, beaucoup de sénateurs qui ont été interrogés par la presse disent avoir été très surpris lorsqu’ils sont tombés, le 16 février au soir, sur l’amendement déposé par le gouvernement pour instaurer un système de vote que la France n’avait jamais connu dans le passé. En gros, tout a été fait dans le plus grand secret pour changer les règles d’une présidentielle cruciale en profitant au maximum des avantages que semble offrir un Etat d’urgence qui paralyse totalement l’Assemblée nationale.

Et c’est là que l’Etat a pêché car en dissimulant son agenda présidentiel 2022, il sème le doute dans la tête de l’opposition et c’est ce qui s’est passé. La suite, nous la connaissons. L’idée d’instaurer un vote par anticipation ne prospérera pas car les sénateurs l’ont massivement rejetée. Pour Bruno Retailleau, sénateur de droite, il s’agit clairement d’une “manœuvre politicienne”.

L’opposition a été très responsable de rejeter une idée saugrenue qui non seulement dénaturerait “un rendez-vous essentiel à la démocratie” (pour reprendre Retailleau) mais plongerait la France, au lendemain de la présidentielle, dans une crise politique sans précédent.

Et je m’explique. Il y a trois mois, les Etats-Unis, où le vote par anticipation a été autorisé dans tous les Etats du pays (au nom de la crise sanitaire), il a fallu presque une semaine (voire plus) pour désigner un candidat dans des circonstances extrêmement floues. Je ne remets en aucun cas en cause la victoire de Joe Biden, mais je serais de très mauvaise en affirmant que la présidentielle américaine a été transparente.

Elle ne l’a pas été. Des cas de fraudes ont été signalés dans plusieurs Etats du pays. Mais, étant donné que le candidat Biden jouissait d’un fort soutien de l’Etat-profond américain (qui contrôle les médias les plus puissants du pays), toutes ces irrégularités ont été passées sous silence et celles et ceux qui les dénonçaient ont fini par être rangés dans la case des méchants complotistes.

En l’état actuel (à une année d’une présidentielle déterminante aussi bien pour Macron que pour l’opposition), rien ne justifie une telle mesure en France. Ni la situation sanitaire, ni le climat politique. Et tout parti politique qui s’acharne à vouloir à tout prix changer les règles du jeu confirme qu’il n’est plus sûr de remporter la présidentielle.

Un vote anticipé ouvrirait la porte à toutes les dérives et favoriserait clairement un parti au détriment des autres. Ce serait une grave erreur de l’autoriser dans une Démocratie surtout lorsqu’on sait que le parti qui défend ce système extrêmement périlleux a reçu une claque aux municipales et peine à mobiliser.

En avril 2022, tous les Français devront se présenter personnellement dans des bureaux de vote et accomplir leur devoir citoyen comme ils l’ont d’ailleurs toujours fait dans le passé. D’ici là, tout changement des règles du jeu serait une forfaiture qui risque de mettre le pays à feu et à sang.

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