Révolte sociale aux USA : le gros risque pour Trump est que le pouvoir s’effondre avant la présidentielle

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President Donald Trump walks across the South Lawn of the White House in Washington, Sunday, April 9, 2017. Trump is returning from a trip to his Mar-a-Lago estate in Palm Beach, Fla. (AP Photo/Pablo Martinez Monsivais)

Les récentes manifestations contre les violences policières qui ont secoué l’Amérique du Nord au lendemain de la mort tragique de George Floyd représentent une sérieuse menace pour Donald Trump qui, aujourd’hui, joue gros à seulement 5 mois de la présidentielle prévue ce 5 juin.

En effet, en moins d’une semaine, le pouvoir a été totalement fragilisé et le risque qu’il s’effondre n’est désormais plus à écarter. Et je m’explique. Il y a moins de deux semaines, le président américain a été très affaibli par le nombre de morts de Covid-19 qui a franchi la barre des 100 000, dépassant de loin le nombre de victimes de la guerre du Vietnam.

Mais, jusqu’ici, Trump pouvait encore rassurer sa base électorale que tout sera rentré dans l’ordre une fois qu’il sera réélu à la tête du pays. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’il avait anticipé en mars dernier faisant savoir dans la presse que si l’Amérique arrivait à enregistrer 100 000 morts, ce serait déjà une bonne chose. En fin politicien, il avait mis en place une véritable communication de crise afin de préparer psychologiquement ses électeurs à la vague qui allait emporter le pays.

En pleine crise sanitaire, l’économie dont il se vantait durant les mois qui ont précédé la crise s’est effondrée comme un château de cartes. En trois mois, plus de 40 millions d’Américains ont perdu leur emploi et le taux de chômage se rapproche des 20%, pire que lors de la Grande Dépression. Mais là aussi, le président tente toujours de faire miroiter une lueur d’espoir à ses électeurs leur faisant croire qu’une fois réélu, tout rentrera dans l’ordre.

Très fragilisé par la crise sanitaire et ses conséquences drastiques en vies humaines et sur l’économie, Trump risque gros dans sa gestion d’une série de manifestations qui secouent la Nation toute entière et qui interviennent au très mauvais moment. Désormais, le gros risque est qu’il se soit retrouvé tout seul avant les élections. Si ce n’est déjà fait d’ailleurs.

Son entourage est en train de s’effriter. Et ses vieux amis avec qui il avait entamé son mandat présidentiel se retournent ouvertement contre lui. C’est le cas d’ailleurs de James Mattis, ex ministre américain à la Défense qui, dans une sortie médiatique, n’a pas raté son ex patron.

“Donald Trump est le premier président de mon vivant qui n’essaie pas d’unir le peuple américain et qui n’essaie même pas de le faire. Au contraire, il essaie de nous diviser. Nous assistons aux conséquences de trois années de ces efforts délibérés. Nous assistons aux conséquences de trois années sans leadership mature. Nous pouvons nous unir sans lui en puisant sur les forces de notre société civile”, a-t-il dénoncé dans un billet publié par The Atlantic.

Et les propos de Mattis semblent avoir résonner dans les oreilles de Mark Esper, actuel ministre américain de la Défense qui, ces derniers jours, a ouvertement défié le président en refusant catégoriquement de déployer l’armée américaine pour réprimer les manifestants. “L’usage de la force devrait être fait qu’en cas de dernier recours et uniquement dans les situations les plus urgentes et les plus désastreuses. Nous ne sommes à aucun de ces deux cas”, a-t-il martelé lors d’un point de presse il y a deux jours.

D’ailleurs, dans la presse américaine, on vient d’apprendre que les 700 soldats de la 82ème Division d’Airborne qui ont été déployés dans l’Etat de Washington depuis lundi ne devraient pas tarder à regagner la base de Brag Ford en Caroline du Nord ce jeudi 05 juin au soir.

Il n’y aucun doute qu’il y a aujourd’hui une véritable résistance à Trump au cœur du pouvoir de la part des plus hautes autorités de l’armée américaine. Et cette résistance qui intervient au moment où le président américain est très fragilisé risque de porter un dernier coup de poignard à un 45ème président des Etats-Unis qui semble avoir perdu la boussole.

Si cette situation perdure, l’hypothèse que le pouvoir s’effondre n’est plus à écarter. Le déroulement de cette affaire est très intéressant et nous ne devons perdre aucun détail de cette spectaculaire révolte sociale qui fait trembler le pouvoir et à laquelle personne ne s’attendait d’ailleurs.